Expédition
humanitaire
MALI - BURKINA 2004
ROTARY
WEZEMBEEK-KRAAINEM 20/02/2004
Une opération du Rotary Club Wezembeek-Kraainem, Rotary Bruxelles Breughel et du Rotary Bruxelles Tercoigne
conjointement avec les Rotary Clubs de Nouadhibou-Flamants « Mauritanie », de Bamako-Koulaba «Mali» , et de Ouagadougou Savane « Burkina Faso »
Carte des 3 premières étapes
« l’équipe de départ » « RC Wezembeek-Kraainem »
Il est 9 heures 30, il fait froid, le ciel est bleu et le soleil tiède donne une merveilleuse couleur de fin d’hiver. Les premiers véhicules arrivent et se parquent sur la place de la Paix à côté de la maison Communale de Kraainem. Petit à petit les amis des volontaires de l’expédition se rassemblent, échangent des petits potins pour tenter de cacher les petits pincements de cœur et leurs émotions avant le départ.
Nous sommes reçus par Véronique Caprasse, échevin de Kraainem qui rejoindra l’expédition plus tard à Gossi au Mali. Elle y retrouvera son mari Philippe Degrave membre très actif du RC Brussel-Bruxelles Breughel.
Nous nous retrouvons tous dans la grande salle de la Maison Communale où les bourgmestres de Kraainem et de Wezembeek félicitent les organisateurs, les membres de l’expédition, et tous ceux que l’on oublie souvent de nommer par ce qu’ils ont travaillé nombreux en coulisse.
La commune
offre une collation composée de croissant de café et de
thé chaud.
Jean-Marie et Jean-Luc, les deux chevilles ouvrières
médiatisés donnent le signal du départ. Ils
participent
au préalable à l’interview télévisée
de la RTBF, pour ensuite mettre le contact et lancer les machines sur
la route du Sud.

« Jean-Luc interviewé par télé RTBF »
Ils sont partis ce matin vers 11 heures pour la destination du cœur. L’humanitaire coule dans les veines des treize copains volontaires qui sont convaincus que l’utopie de l’amitié, par delà les frontières, permet encore aujourd'hui’hui de construire, petit à petit, un mieux être pour les défavorisés de la planète terre.
Ils connaissent leurs destinations. Ils ont évalués les risques, mais aucun, même le plus expérimenté, n’a encore pris la vraie mesure de l’effort qui les attend lorsqu’ils auront mis pied sur le continent africain. Ce n’est pas un Paris – Dakar ! C’est un pari humanitaire qui va durer un mois d’émotions fortes qu’ils vont partager entre eux, et avec leurs familles restées en Belgique.
Pour
certains c’est une première. 
Pour d’autre c’est un retour dans l’aventure tel Jean-Marie Crevecoeur avec 3 participations, Marc Dubbelman, Jean-Luc Moureaux et Fernand Van Diest pour qui c’est la deuxième participation. Outre des membres de notre club, certains de ceux de Bruxelles-Tercoigne et de Brussel-Bruxelles Breughel sont également de la partie pour leur première participation.
« RC Tercoigne » « RC Breughel »

« Les participants associés »
Cette première étape ne présente aucune difficulté majeure malgré ses 682 kilomètres fastidieux sur bitume auto routier. Ils sont passés par Paris et Orléans. La très petite ville de Le Dorat est à un jet de 4x4 de Limoges. Ils y sont accueillis par le RC de Bellac, par le Maire de la ville et ses habitants. Notre ami Robert Willem (RC Bruxelles-Tercoigne) y a une maison et a organisé cette première étape depuis plusieurs semaines. Il a un sens aigu de l’hospitalité, de la chaleur familiale, des amis autour d’une bonne table. Pour mieux recevoir le convoi il emmène Marie-Christine et leur fils François qui resteront ensuite quelques jours à Le Dorat.
Le soir, ils ont droit au menu de dégustation des saveurs de la France profonde au cours d’un banquet de 40 couverts. Ce fût l’occasion d’échanger des fanions avec le RC de Bellac ainsi qu’avec celui de Nantes qui était représenté par nos amis François et Murielle Gilbaut. François fit partie de l’expédition Mali 2002.
Les convoyeurs sont logés pour certains chez les Willem, pour d’autres chez des amis.
Bien entendu ils n’auront guère le temps de visiter cette citée romaine fortifié de remparts qui datent des guerres de religions. Cette ville était le chef-lieu d’un évêché qui a toujours sa Collégiale Saint Pierre qui fût construite aux 11ème et 12ème siècles qui fût également fortifiée au 15ème siècle. Nos amis pourront malgré tout y admirer de très belles façades dont certaines datent du 16ème siècle.
Ce
même jour, Olivier Houdart (RC Wezembeek-Kraainem) me
téléphone. Il s’est également lancé dans
l’aventure avec son ami Luc Vergaelen. Ils étaient
déjà de l’expédition Mali 2002. Ils sont partis le
dimanche 15 février 2004 depuis Tervuren en 4x4. Ils laisseront
leur véhicule et du matériel au RC de Nouadhibou-Flamants
en Mauritanie. Ils y seront rejoints par les autres membres de
l’expédition.
Ils sont à Ouarzazate au Maroc où il fait bon mais un peu
pluvieux. Tout va très bien et ils continuent leur petit
bonhomme de chemin, ce qui est un euphémisme pour qui
connaît la qualité des routes du pays.
2ième étape : samedi 21 février 2004 LE DORAT(France) –SALOU(Espagne)
LES HOMMES PARTIS SOUS LA PLUIE
Ce matin j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec mon ami Marc Dubbelman.
Les équipiers ont très bien dormis à Le Dorat et ils se sentent en pleine forme. Le repas de la veille était excellent et l’ambiance était de plusieurs crans au-dessus de ce que nous connaissons lors de nos réunions statutaires au Sodehotel avec un repas. Jean-Marie Crevecoeur avec qui j’ai également parlé m’a fait remarquer que la salle était composée d’un demi quatre-vingt chasseurs !!! Ils étaient quarante à table. Le ton est donné. Ils sont donc tous déjà bien lancés dans les prémices de leur expédition.
Ce matin ils se sont éveillés de bonne heure avec la ferme intention de partir tôt. Vous avez dit « tôt » ? Comme c’est bizarre ! Ce mot ne sonne pas bien aux oreilles des habitants et du Maire de Le Dorat. En effet ce n’est pas tout d’avoir une bonne fourchette la veille, il faut pouvoir remettre le couvert au petit déjeuner. Les tables étaient dressées recouvertes de plateaux de croissants, de pot de café, de lait, de jus de fruits et autres petites gâteries.

« RC de Bellac à Le Dorat
»
Le temps est à la pluie fine et tenace. Aucun commentaire sur la température. Le départ est évidement retardé, le cœur de nos amis se nourrissant de la chaleur fraternelle des habitants. Enfin ils partent à 9h15, font le plein et sont en route, déjà à hauteur de Limoges à 10h 12.
Excellente
route en France, passage sans problème à la
frontière, tout schuss en Espagne vers Salou par Valencia et
Murcia. Ils sont arrivés vers 19h dans un petit hôtel
simple que Marc avait choisi. Ils se sont retrouvé au bar pour
boire une chope bien mérité, pour ensuite se
retrouvé à table et profiter d’un moment de calme. Le
temps est doux à hauteur d’un petit 15 degrés soutenu par
une brise légère.
3ième étape - dimanche 22 février 2004 - SALOU (Espagne)- ALMERIA(Espagne)
MACADAM PAËLLA
Le départ est donné ce matin à 9 heures. Les hommes et les véhicules sont reposés et restaurés.
Ils ont roulé toute la journée prudemment mais dans un rythme régulier et soutenu. Les coéquipiers font les relais requis qui permettent aux autres de se reposer pendant le trajet, et à chacun de s’habituer à la conduite des véhicules avant d’affronter les routes et les pistes en Afrique.
La météo est excellente et la température sans être affolante commence à grimper au fur et à mesure que nos amis descendent vers le Sud.
Ils sont arrivés ce soir à Almeria à 17 heures. Ils sont reçus ce soir au « Almeria Grand Hotel » par le RC d’Almeria qui y tient ses réunions statutaires. Nos amis du club les avaient déjà rencontré lors des expéditions précédentes en 1999 et 2002. C’est par contre l’occasion pour les amis de Tercoigne et de Breughel de les rencontrer et de faire les échanges de fanions lors de cette réception.
A 23
heures ils embarquent sur le bateau pour la traversée de nuit de
la Mer Méditerranée pour accoster demain matin à 8
heures au Maroc à Nador.
4ième étape - lundi 23 février 2004 - ALMERIA (Espagne) – BENI-MELLAL(Maroc)
BITUME COUSCOUS
A ce stade de l’expédition, c’est la plus longue étape de l’équipe.
Hier soir ils étaient reçus comme des princes venus de nul part. L’ambiance était chaude, très chaude. La température extérieure y était peut-être pour quelque chose. Le cœur et l’esprit de la fête étaient deux ingrédients majeurs de l’ambiance. La soirée a débuté avec quelques apéritifs et tapas, pour se poursuivre à table.
Jean-Marie est toujours partant pour des agapes mais ses neurones restent malgré tout en alerte. L’heure c’est l’heure. Le bateau n’attend pas. Ils ont plié bagages et ont quitté les rotariens du club d’Almeria avec beaucoup de regrets. L’un ou l’autre avait un peu mal au crâne ce matin.
La nuit fût courte. Ils débarquent à Nador et touchent la terre d’Afrique.

« Nador
»
Nador est une petite ville portuaire par laquelle transite un flot continu de marchandises et de voyageurs. Les bureaux de la douane sont modernisés depuis la dernière expédition de 2002 et l’effectif des douaniers a augmenté. Jean-Marie prend les documents des véhicules, les passeports pour les présenter. Tout se passe bien jusqu’au moment où un douanier zélé et curieux souhaite vérifier le contenu des véhicules. Il vise un des pick-up et enlève la bâche qui recouvre l’arrière de celui-ci. Jean-Marie confiant de nature commence à s’inquiéter malgré tout lorsque le douanier observe les boites qui contiennent des médicaments. Ce douanier à ce stade ne sait pas qu’il y a des médicaments. Tout le monde peut avoir des médicaments pour son usage personnel, mais le Maroc interdit le passage de médicaments à distribuer sans déclaration et autorisation préalable. Jean-Marie se demande comment il va pouvoir expliquer qu’une aussi grande quantité de pilules est pour l’usage personnel de ses équipiers qui ont tous une mine superbe.
- Le
douanier : quelle est votre destination ?
- Jean-Marie : le Mali et le Burkina
- Le douanier : vos papiers sont en règles, mais je veux voir le
contenu des boites qui sont transportées dans ce véhicule.
- Jean-Marie : il n’y a aucun problème, enfin si vous voulez…
mais la route est longue !
- Le douanier : tiens voila cinq de mes collègues qui arrivent
et qui sont également curieux de voir votre chargement.
- Jean-Marie : plus on est de fou plus on rigole….non non je plaisante !
- Les douaniers : vous avez des médicaments à
déclarer ?
- Jean-Marie : heu oui pour notre usage, uniquement. Nous ne sommes pas
à l’abri d’une maladie ou d’une turista !
- Un des douaniers : oui je comprend, mais combien ?
- Jean-Marie : je n’en ai aucune idée, c’est pour usage
personnel, alors vous savez je reste discret auprès de mes
équipiers. Ce sont leurs affaires personnelles et
privées. Vous comprenez n’est ce pas ?
- Les douaniers en cœur : nous comprenons, mais…
- Jean-Marie (pas à cours de ressources) : j’ai regardé
le match de football à la TV entre le Maroc et la Tunisie.
Très beau match, hum, très bon joueurs.
- Les douaniers en cœur : oui oui ! Vous avez aimé ?
- Jean-Marie : oui absolument et, bien entendu, j’admirais
particulièrement la beauté du jeu de l’équipe du
Maroc !!
- Les douaniers : il commence à faire chaud…merci pour d’avoir
soutenu notre équipe nationale, et …bonne route.
Le convoi démarre et laisse Nador sur le côté.

« Fez » « Kénifra» « Azrou»
Direction Guercif où ils prennent un café vers 10 h. Ils contournent Fez sans lui dire un petit bonjour. L’étape sera longue. Il fait déjà chaud, mais la température est très supportable.
Ils s’arrêtent à midi dans un restoroute où Jean-Marie prend la décision de ne pas répéter l’expérience qui leur fait perdre un temps précieux pour un repas sans qualité. Ensuite ils poursuivent jusqu’à Beni-Mellal où ils arrivent à 18 h 30 (heure locale) au moment du couché du soleil. Ils en prennent plein la vue et leur boite à mémoire stocke les images qui les saoulent à ravir. Ils n’oublieront pas les paysages qu’ils ont vus, les campagnes et les villages qu’ils traversent.
Ils logent
au Beni-Mellal Chem’s, hôtel **** sur la route de Marrakech, qui
est tenu par un rotarien du RC de Beni-Mellal. Une réunion
commune est prévue ce soir avec ce club.

« Beni-Mellal »
5ième étape -
mardi 24 février 2004 - BENI-MELLAL
(Maroc) -
TAN-TAN (Maroc)

A FOND DANS L’ATLAS
Ils se sont levés assez tôt ce matin pour attaquer une journée guère facile, après une nouvelles soirée rotarienne. Ils ont participé activement à la réunion du RC de Beni-Mellal durant laquelle les rotariens ont échangés leurs fanions. Apéro sympa et très bon repas. Nos amis ne sont pas couchés trop tard, quoique 0 h 30 ce soit déjà le lendemain.
Ils ont pris un petit déjeuner costaud et sont ensuite monté dans leurs véhicules. Au même moment nous apprenions à Bruxelles qu’un tremblement de terre de magnitude 6,5 s’était passé en fin de nuit dans la région du Nord-Est du Maroc. L’épicentre était à Al Hoceima à 60 km de Nador où ils étaient la veille. Les secousses du séisme ont été ressenties à Fez. Les nouvelles que nous recevons ne sont pas rassurantes.
Je téléphone à Marc vers 10 h 30. Il me dit très calmement qu’il vient d’entendre à la radio qu’il y a eu un tremblement de terre. Je me rends compte que nous sommes mieux informés qu’ils ne le sont.
Ce qu’il me dit est rassurant en ce qui les concerne. Ils n’ont rien ressenti. Ils sont en route vers le Sud et sont déjà fort éloigné de Fez qu’ils ont contourné la veille.
Le trajet
aujourd’hui était difficile dans un décor splendide. Ils
ont traversé la chaîne de l’Atlas en passant par le Haut
Atlas et le Moyen Atlas. Ils sont montés jusqu’à 1250
mètres d’altitude, ils ont « dégringolés
» dans des gorges profondes, ils ont vu la région
magnifique des cascades d’Ouzoud, ils sont passés par Marrakech
qu’ils ont abandonné aux touristes. La route est très
sinueuse et fort fréquentée. Aujourd’hui, jour de drame
national au Maroc, la route était bondée de convois
militaires et sanitaires qui montaient vers Fez et le Nord du pays.
Ils commencent à traverser des régions plus pittoresques
et plus éloignées de la civilisation moderne. Il n’est
pas rare pour nos amis de devoir « traîner »
derrière un camion poussif qu’ils ne peuvent dépasser par
manque de visibilité rassurante. Parfois, ils se retrouvent
derrière un petit charroi tiré par un âne. Robert a
rencontré ses premiers chameaux sauvages. Passé Agadir,
la route plonge vers le désert, avec ses petites villes tel
Tiznit, Bouizakarne ou Guelmin, ainsi que de très beau villages
qui ont gardé leur âme du passé.
Ils
arrivent à Tan-Tan en fin d’après-midi sans retard
notable, mais fatigués de la route très sinueuse et lente.

Ils n’ont
pas de réunion rotarienne ce soir au programme. Ils se
retrouvent pour l’apéritif vers 20 h et au menu ils
dégusteront un couscous aux cinq légumes, au poulet,
mouton et bœuf. L’hôtel est sympathique mais sans plus. Ils
commencent à quitter les zones hôtelières **** pour
faire l’expérience des hôtels deux et trois cafards.
Néanmoins ils ont vue sur la mer avec la rumeur du ressac et des
vagues qui viennent mourir sur le sable.
6ième
étape - mercredi 25 février 2004 - TAN-TAN (Maroc) –
DAKHLA (Maroc)

LE RUBAN ENTRE MER ET DESERT
Ce mercredi est une journée longue et fatigante. C’est également une journée de transition. Il s’agit d’avaler plus de 820 km pour acheminer les véhicules et le matériel à Dakhla, dernière étape marocaine avant de rejoindre jeudi Nouâdhibou en Mauritanie.
La route est un très long ruban noir interrompu de bancs de sables, de nids de poule qui n’en ont que le nom mais pas la dimension. Cette longue bande routière est fatigante non seulement par sa longueur mais surtout par l’attention permanente des conducteurs qui doivent éviter les écueils naturels de cette route. Mais tout à son envers ou vice versa. L’expérience de rouler sur une route avec la mer à sa droite et le désert à sa gauche est unique. Vous ne savez pas si c’est la mer qui vient s’ensabler dans les dunes du désert ou si c’est ce dernier qui va se noyer dans l’océan.
Les hommes commencent à goûter aux prémices de l’effort, de la fatigue et de la découverte réelle du prix qu’ils payent pour atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés au nom de leur Rotary Club et d’eux-mêmes.
Ils
passent par Tarfaya tôt dans la matinée. Le temps n’est
pas au beau fixe.
Tarfaya fût en 1876 un petit port nommé Cap Juby qui
était sous contrôle de l’Empire Britannique. Un
traité signé avec le sultan lui confère le statut
de port du Sahara et permet au Maroc de racheter ce territoire. Le
montant est fixé à 50.000 livres. Les britannique vont y
installer la concession commerciale « North West African Imperial
Company". Ce sera également une base militaire anglaise et qui
servira aussi de relais au pilote français Antoine de
Saint-Exupéry, commandant à l’Aéropostale.

Ils seront
ensuite à Laâyoune qu’ils traversent à 10 h sous
une pluie fine. La température dépasse à peine les
18 degrés.
Ici ils sont entrés dans le vif du Sahara Occidental qu’ils vont
continuer de traverser toute la journée et durant une partie de
la matinée de jeudi.
Laâyoune est également un port. La ville est
entourée par le désert et est battue par le sable. Elle
est la première ville du Sahara occidental à 500 km
d’Agadir. Elle fût de 1940 à 1975 la capital de la
province espagnole du Sahara Occidental. Depuis ce moment elle
appartient au Maroc.
La ville est située en face des Iles Canaries.

La roue reste monotone et continue d’exiger beaucoup d’attention.
L’expédition
qui reste groupée passe par Lemsid pour arriver à
Boujdour.
Cette petite ville côtière était à l’origine
un village de pêcheur à l’instar de toute les villes et
village de la côte du Sahara Occidental. Dès
l’indépendance en 1976, Boujdour a commencé à
prendre son caractère urbain actuel. Le lieu est
considéré comme la zone des belles plages par excellence.
En effet des plages féeriques et pittoresques de sables
s’étendent sur des dizaines de kilomètres. Certaines
émergent entre des petites chaînes de falaises qui
plongent dans la mer. Le sable brille de sa couleur dorée.
Boujdour a en chantier un programme de développement touristique
qui va modifier petit à, petit son caractère pittoresque
actuel.

Ensuite la route poursuit sa lente monotonie jusque Dakhla où l’équipe arrive vers 19h. Nos amis logent dans un camps-hôtel. Les chambres ont tout du confort local. Ils iront manger dans la soirée en ville dans un petit restaurant dont Jean-Marie et Marc pensent pouvoir retrouver depuis leur dernier passage en 2002. Robert a déjà fait connaissance avec un pêcheur local avec qui il échange ses expériences de pêcheur à la ligne et ses aventures bretonnes.
Dakhla est la dernière ville avant la Mauritanie et est le passage obligé pour passer la frontière qui est à 327 km de là. Il y règne une certaine ambiance militaire et il n’est pas rare de rencontrer des soldats en ville. Celle-ci a gardé quelques beaux vestiges de l’époque coloniale espagnole et celle portugaise qui la précédée.

7ième
étape - jeudi 26 février 2004 - DAKHLA (Maroc) -
NOUÂDHIBOU (Mauritanie)

CONVOI REGLEMENTE
Le
désert et la route réservent toujours des surprises aux
néophytes et souvent encore aux vétérans. A cette
saison de fin d’hiver la température n’est pas torride et elle
peut également être fraîche. Ceci devient bien
entendu un avantage lorsqu’il faut parcourir cette bande de route qui
exige une conduite attentive et précise. La circulation entre
El’ Argoub (à 40 km au Sud de Dakhla) et Nouâdhibou est
règlementée. Voilà un paradoxe auquel personne ne
s’attend au milieu du désert en bordure de mer. Cette route est
la seule qui relie le Maroc et la Mauritanie. Elle est donc le passage
obligé. La guerre du front du Polisario a laissé des
traces et les belligérants ont abandonné des objets qui
font « boum » : les mines. Celles-ci sont dispersées
dans le désert le long de la frontière mais
également le long de cette route. Malgré qu’aucun plan de
localisation des mines n’existe, il n’ y a aucun danger lorsque l’on
roule de jour et que l’on respecte les consignes strictes de
circulation. C’est ce que fait tout conducteur responsable.

Cette route goudronnée n’est guère entretenue. Elle se laisse envahir par le sables ce qui oblige le conducteur de rester attentif et faire confiance à son co-équipier observateur. Enfin, l’état du revêtement est défoncé en plusieurs endroits. Mais à cœur vaillant et rotarien tout problème a une solution, et, s’il n’y a pas de solution c’est qu’il n’y a pas de problème.
Néanmoins le décor reste enchanteur avec la vue sur la mer à droite de la route et sur le désert à sa gauche. Au loin vers l’Est, mais visible à l’œil nu, se trouve l’Adrâr Souttouf. Il s’agit d’une petite chaîne de montagne composée de roc et de sable dont le sommet culmine à 518 mètres.
La route
s’arrête net à Guerguarat à quelques 40 km au Nord
de Nouâdhibou. Il serait plus correct de dire que se qui
s’appelle communément une route devient une piste carrossable de
sable et cailloux. L’équipe arrive à la frontière.
Le poste frontière est un fort, qui est en réalité
composé d’une vingtaine de vieux baraquements au milieu d’un
paysage de la Guerre des Etoiles. La situation est un poème de
patience face à la bonne volonté des douaniers et de
agents de police.
L’aventure reste l’aventure. Ici, la prophétie de Jean-Luc prend
tout son sens. Les équipiers découvrent et s’enrichissent
du comportement des populations locales dans leur milieu et leur
culture. Nos amis ne seront plus jamais les mêmes. Ici il n’est
pas question de préjugés et de clichés
aseptisés par nos modes de vie.
Un petit miracle s’opère : le passage à la douane se passe bien et vite.
Et maintenant, ils font route pour avaler les 40 km qui restent pour rejoindre Nouâdhibou où se trouvent déjà Olivier Houdart et Luc Vergaelen. Ils sont arrivés il y a deux jours avec le véhicule 4X4 financé par le RC Bruxelles-Tercoigne. Celui-ci sera remis demain officiellement au RC de Nouâdhibou-Flamants, ainsi que du matériel scolaire et médical. Olivier était parti le dimanche 15 février 2004 depuis Tervuren avec ce matériel. Il a un peu musardé sur les routes marocaines pour arriver à bon port ce mardi 24 février 2004 en bonne santé, entier, et le matériel en parfait état.
Nos amis
logent cette nuit ainsi que la suivante dans des tentes touaregs.
Demain sera le premier jour de repos de l’équipage.
8ième jour et repos - vendredi 27 février 2004 -
NOUÂDHIBOU (Mauritanie)
Aujourd’hui les hommes et les machines se reposent. L’équipe en a besoin pour récupérer de la première partie de l’expédition. Ce jour précieux leur permet de se préparer aux trois jours de trajets qui seront effectués finalement par la Mauritanie pour arriver au Mali et rejoindre Bamako. Ils ont pris la décision de modifier le trajet et de ne pas passer par le Sénégal après l’étape à Nouakchott. Si le trajet par la Mauritanie est relativement dur, il offre l’avantage d’être plus court. Le gain de temps est non négligeable.

La Mauritanie est une république islamique qui est indépendante depuis 1960 après avoir été une colonie française. Sa population est estimée à 2.9 millions d’habitant de confession sunnite. Le pays est pratiquement un désert sur tout son territoire à l’exception de la ceinture fertile le long de la rivière Sénégal.
Nouadhibou
est la première ville que l’on rencontre en venant du Maroc.
C’est la deuxième ville en importance du pays. Cette ville n’a
pas été conçue pour le tourisme. Il y a peu
à y voir. La nature par contre est splendide. La ville
s’étire le long d’une fine péninsule qui s’étire
vers le sud en face de la côte. Le terrain est composé de
sable soulevé par le vent. La petite végétation
dans les baies de la côte fait parfois oublier que l’on est au
Sahara.

La nourriture à Nouadhibou est la meilleure que l’on puisse trouver en Mauritanie. Il y a une seule explication à cet état de fait : l’activité de pêche internationale y est très active et qui utilise la ville comme port d’exploitation. Les marins exigent de pouvoir manger décemment ce qui permet d’y trouver de bons restaurants. La pêcherie locale offre également des produits frais et de très bonne qualité.
C’est ainsi que nos amis ont eu le privilège de manger le jeudi soir de la langouste et du poisson frais pêché le jour même.
Le vendredi, jour de repos, nos amis ont profité pour se rendre le matin dans une réserve naturelle. Les oiseaux migrateurs y sont nombreux et magnifiques. Ils ont également vu des phoques blancs.
De retour au campement, ils se sont occupés de leurs véhicules et du chargement. Ils les ont entièrement vidés et inspectés. Ensuite seulement ils les ont rechargés. Cette opération est indispensable pour s’assurer du bon état de marche des véhicules et de l’arrimage parfait du matériel transporté.
Ensuite ils se sont rendus en ville pour déjeuner et pour la visiter. Ils ont fait quelques achats. Chacun a voulu s’imprégner de la couleur locale en achetant un chèche. Au Sahara, les hommes mettent cette longue écharpe enroulée sur leur tête.

Enfin le
soir, ils ont eu leur réunion commune avec le RC de
Nouadhibou-Flamans durant laquelle ils ont donné officiellement
le véhicule 4X4 financé par le RC Bruxelles Tercoigne,
ainsi que du matériel scolaire.
Ils sont
retournés dormir sous les tentes touaregs pour une nuit de repos
avant la longue étape vers Nouakchott.
L'EXPEDITION MAURITANIE de Olivier HOUDART "travel" & Co
Dimanche 15 février 2004 au mercredi 3 mars 2004
Olivier a monté son trip sur la Mauritanie en s’inscrivant dans l’opération Mali – Burkina 2004. Son but était d’amener au moins un véhicule et du matériel scolaire et médical au RC de Nouadhibou. Notre club avait déjà pris des contacts avec ce club lors des deux expéditions précédentes. A ces occasions nous leur avions donné du matériel, mais nous n’avions, de par les circonstances, jamais eu l’opportunité de leur consacrer un objectif unique et entier.
Olivier a cherché des sponsors qui lui ont permis de financer pour partie l’achat d’un véhicule. La société Ontex a fourni du matériel médical. Le Rotary Club de Bruxelles Tercoigne a contribué au surplus : il a cassé sa tirelire et obtenu un Matching Grant de la ROTARY FONDATION à’Evanston(USA).
Pour l’épauler il avait trouvé trois équipiers en la personne de Luc Vergaelen, qui est un pilote de course et de rallye confirmé, de Claude Evraerd qui est un excellent mécanicien et de Ronny Van Pennen.


Ils sont partis de Tervueren le 15 février 2004, cinq jours
avant le départ de la grosse expédition. Ils ont rejoint
le sud de l’Espagne, deux jours plus tard, près de Gibraltar,
pour traverser le détroit et prendre pied au Maroc. Ils vont y
musarder pendant plusieurs jours, alliant l’utile à
l’agréable. Ils auront tout le loisir de visiter l’Atlas, qui
est une des plus belle région du Maroc.
A partir de la petite ville de Tiznit, ils ont précédés de quelques jours la grosse troupe sur la route côtière du Maroc pour atteindre la frontière mauritanienne le 23 février 2004. L’attente n’y fut pas trop longue et les formalités faciles. Ils ont rallié Nouadhibou le même jour où ils seront reçus par des représentants du RC de Nouadhibou Flamants.
Immédiatement ils vont prendre le pouls des problèmes sociaux et médicaux de la ville. Ils ont également l’occasion de nouer des liens d’amitiés avec les rotariens de Nouadhibou. Ils se sont retrouvés au Bar le Monaco en compagnie de l’Adjoint du Gouverneur, Cheikh Fadhel, et le trésorier du club, Cheikh Tourad. !Ce dernier possédait sans doute une importance stratégique non négligeable dans le bar ! Pour la petite histoire, l’Adjoint du Gouverneur habite la maison qu’occupaient Mermoz et Saint-Exupéry lorsqu’ils étaient tous les deux pilotes à l’Aéropostale.

Ils ont également eu l’occasion d’aller pêcher à la
ligne en haute mer et de ramener le frichti du soir.

Le 26 février ils sont retourné à la frontière pour accueillir l’équipe de Jean-Marie & Co. Olivier souhaitait les attendre dans la zone du no man’s land entre la Mauritanie et le Maroc, ce que les douaniers lui ont interdit parce que son véhicule était encore immatriculé en transit belge.
Le
véhicule et le matériel sont remis officiellement par
toute l’équipe au nom du RC de Bruxelles Tercoigne, lors d’une
réunion officielle avec le Rotary Club de Nouadhibou au cours de
laquelle Cheikh Fadhel remercia très chaleureusement tout le
monde.
Ce club se trouve dans le district 9010 qui regroupe la Tunisie,
l’Algérie, le Maroc et la Mauritanie.

Le club de Nouadhibou destine le véhicule à la commune
rurale « Mederdra » qui est située à 160 km
au sud ouest de Nouakchott près de la ville de Rosso qui est sur
la frontière avec le Sénégal. La commune (qui
couvre des centaines de km²) est surpeuplée de nomades qui
vivent dans le plus grand dénuement. Certains doivent parfois
faire plus de 300 km pour rejoindre l’unique centre médical,
souvent à dos d’ânes ou de chameaux par faute de moyens de
locomotion rapide.
Ce véhicule est mis à la disposition d’une ONG de «
Médecin Sans Frontière » de manière à
rendre plus efficace le contrôle du bon usage du véhicule.
Cette ONG collabore avec la Mairie de la localité dans le cadre
d’une association dénommée « Les Amis de Mederdra
»,tout cela avec la collaboration du Rotary Club de Nouadhibou.
Au
delà de cette opération ponctuelle, Olivier espère
prolonger dans le temps la coopération entre des clubs du Rotary
à Bruxelles et le club de Nouadhibou et d’autres clubs de
Mauritanie. Ces derniers souhaitent mettre en œuvre les moyen d’aller
découvrir chez eux la qualité de leur hospitalité
légendaire.

8ième
étape - samedi 28 février 2004 - NOUÂDHIBOU
(Mauritanie) -
NOUAKCHOTT(Mauritanie)

SAGA MAURITANIA, TRACK 1
Il s’agit aujourd’hui de ne pas traîner en chemin. Ils y avaient pourtant placé beaucoup d’espoir, ils en avaient rêvé de cette étape un peu mythique. Mais le cycle des marées de l’océan ne tient pas compte de cet aspect des hommes. Les hommes doivent souvent accepter les lois immuables de la nature. Ils auraient voulu rouler sur la plage entre Nouâmghar et Nouakchott. Ce trajet se fait à grande vitesse lors de la marée basse. Aujourd’hui elle était haute lorsqu’ils sont arrivés à Nouâmghar et ils ont pris la petite piste qui longe la côte à quelques km de celle-ci. Ce rêve de petit garçon restera en l’état pour l’instant.
Ils ont eu chaud. Ils descendent de plus en plus vers le Sud. La météo n’est pas caniculaire, néanmoins elle est celle bien connue des mauritaniens. Ils sont au Sahara.
Mais les 500 km de désert qui séparent Nouadhibou de Nouakchott sont un enchantement. Quitté la grande ville du nord, ils ont contourné la baie des Lévriers, s’éloignant de la côte atlantique vers l’est sur quelques dizaines de kilomètres, avant de bifurquer plein sud sur le banc d’Argin. Il s‘agit d’une réserve naturelle incomparable. Bientôt, le spectacle devient féerique. D’immenses dunes de sable ocre orangé glissent vers le bleu Matisse d’une mer splendide. A perte de vue, entrelacés de chenaux miroitants, s’étendent les vasières tapissées d’herbiers, des îlots marécageux et des mangroves peuplées de milliers de flamants roses, pélicans blancs, hérons cendrés, spatules, mouettes, cormorans, sternes, goéland, etc. Ce parc national a une fonction essentielle à notre écosystème. C’est une gigantesque nurserie de poissons où se retrouvent les oiseaux migrateurs d’Afrique, d’Europe et même de Sibérie.



La route n’existe pas. Ils ont roulé toute la journée sur
des pistes, celles que l’on peut voir dans les reportages du
Paris-Dakar, les hors-pistes en moins. Ce qui est certain, c’est qu’ils
n’ont pas fait d’excès de vitesse !
Ils ont donc roulé toute la journée pour arriver pas trop tard à Nouakchott. La ville ne présente pas d’intérêt touristique. La beauté du pays réside dans ses paysages.
Ils
confirment ce soir leur décision prise la veille de continuer
leur trajet par le désert de la Mauritanie.
9ième
étape - dimanche 29 février 2004 - NOUAKCHOTT
(Mauritanie) – KIFFA (Mauritanie)

SAGA MAURITANIA TRACK 2 : « to the East »
Cette journée est une mélodie « vroum vroum ». Ils ont roulé 600 kilomètres du matin au soir. La route est fréquemment ensablée jusqu’à Aleg. Ensuite c’est « une route à la sauce mauritanienne ». Un peu de sable et un peu de cailloux, et encore un peu de sable et un peu de cailloux. Vous plaquez le tout au sol de manière chaotique. Vous obtenez la piste « carrossable » qui va d’Aleg à Kiffa.
Ne croyez
pas que cette technique est destinée à ajouter du
pittoresque au décor. Il n’a pas besoin de cela. Il est
magnifique, extraordinaire.
La chaleur est très élevée : 30 degrés
centigrades.

Ils sont en route lorsque l’officier supérieur de la mission (ce mot « mission » à son importance pour la suite) constate que les véhicules commencent à avoir soif. Jean-Marie inspecte sa carte routière pour relever les indications de stations d’essence. Patatras, aucune station n’est indiquée. Que faire ? Jean-Marie décide de se rendre à la préfecture de l’arrondissement pour demander du fuel. Il connaît l’Afrique, les us et coutumes des fonctionnaires, mais l’aventure qui suit est à mettre aux annales de l’expédition.
Il
s’adresse à l’administrateur de la préfecture et lui
demande de pouvoir acheter le fuel si précieux. Le
fonctionnaire, très poli, observe que Jean-Marie porte une
chemise militaire marquée du drapeau belge à la manche.
Il lui demande son ordre de mission qui l’autorise de
réquisitionner ce fuel. C’est ici que le petit génie
entre en scène. Il ne loge pas dans une lanterne magique.
Jean-Marie le découvre dans son portefeuille.
Vous imaginez probablement, chers lecteurs et chères lectrices,
que notre ami va corrompre un fonctionnaire dans l’exercice de ses
fonctions ! Vous n’y êtes pas. Jean-Marie y cherche une solution
élégante qui les sortira du pétrin. Rien n’est
jamais précis dans l’ordre « légendaire » des
papiers de Jean-Marie ! Il farfouille et découvre un bordereau
des Douanes et Accises belge rédigé en flamand et couvert
de nombreux cachets. Il présente ce document en apparence
impressionnant et important comme étant son ordre de mission
belge en Mauritanie. Pendant que le fonctionnaire éberlué
contemple le document en question, Jean-Marie continue de farfouiller
dans ses papiers. Miracle se dit-il ! Il y trouve une lettre du Palais
Royal signée de Mathilde. Cette lettre royale et ce document
fiscal sont les sésames qui ouvrent les robinets du fuel. Le
fonctionnaire s’incline très honoré de venir au secours
d’une mission belge de cette qualité. Jean-Marie et
l’équipe, rassurés, peuvent aller réquisitionner
le précieux liquide...
KIFFA
Ils
arrivent à bon port en début de soirée à
Kiffa qui est une petite ville au pied des Montagnes de l’Affolé
(en français dans le texte et dans la carte routière).
10ième
étape - lundi 1er et mardi 2 mars 2004 - KIFFA (Mauritanie) - BAMAKO (Mali)

SAGA VERY AFRICA – DAY & NIGHT L'album photo 2004 : MALI BURKINA 2004
Ils se
sont tous levés de bonne heure. Le soleil monte doucement. Nos
hommes se mettent calmement à table pour le petit
déjeuner. Jean-Luc et Jean-Marie font le tour des voitures pour
une dernière inspection. Ils regardent avec affection le minibus
qui courageusement est déjà arrivé sans casse
jusqu’ici. Ils sont rejoints petit à petit par Philippe, Robert
et Marc. Comme à l’accoutumer ils tournent autour de leurs 4X4
qui sont devenus leurs complices d’aventure, presque leurs confidents
des moments de joie, de fatigue comme de bien-être. Jean,
Nicolas, Paul-Henry, Paul-Adrien grimpent dans leurs véhicules
pendant que Jean-François, Jean-Christophe, Baudouin et Fernand
s’assurent que tout est en ordre de leur côté. Ils savent
que la route sera longue et que leurs efforts seront
récompensés par la beauté rare, donc
précieuse, des décors qu’ils vont traverser.

Le convoi s’ébranle et prend la direction d’Ayoûn el ‘Atroûs et poursuivent vers Timbedgha qui est atteint vers 13 heures. Ils roulent à une allure régulière et soutenue. Ils ont parcouru facilement un bon 400 km. La route est de bonne qualité. Elle a été financée pour partie par l’Union Européenne et construite avec des matériaux de bonne qualité.
Après
un petit arrêt buffet, ils repartent en direction du sud par la
piste qui les mène à Boû Ctaïla, dernier
village frontière de la Mauritanie. Ensuite c’est un long
« no man’s land » au Mali jusqu’à Nara qui est une
petite ville frontière.
Cette piste fait 171 km que le convoi mettra 9 heures à
parcourir. Il s’agit bien d’une piste dans sa définition
première que les 4X4 en bon état sont capables de
franchir sans trop de difficulté. Mais le minibus n’est pas le
meilleur moyen de transport sur cette piste qui a servi par ailleurs de
parcours de ralliement du Paris Dakar. C’est la seule piste qui existe
dans la région pour se rendre au Mali et rallier Bamako. Le
minibus a besoin d’aide. Il sera tracté par un 4X4 sur une bonne
partie du trajet. Nos amis ont peiné, sué, juré,
tempêté, fulminé, mais ils ont gagné face
à l’adversité. Ils ont marié solidarité et
courage dans un décor sublime et dantesque à la fois sous
une chaleur accablante.
Il est 23
heures et ils sont à Nara où il n’ y a pas de logement et
d’hébergement sûr pour un convoi dont la cargaison peut
devenir un précieux butin. Jean-Marie et les autres se
concertent. Faut-il continuer maintenant pour atteindre Bamako, avec
les risques que représente une conduite de nuit sur une route
mal carrossée. Ou bien faut-il s’arrêter et essayer de
dormir en organisant des rondes de nuits pour surveiller le convoi. Ils
prennent la décision de rallier Bamako en roulant prudemment.
Traverser le désert pendant la nuit est une expérience
unique. Ce fût le cas malgré la fatigue accumulée
ces derniers jours et durant ce lundi dans le désert
mauritanien. Le spectacle du soleil au couchant dans le désert
et au levant en Afrique Noire est extraordinaire, surprenant, fabuleux,
prodigieux. Chacun vit ces deux moments de manière très
personnelle et souvent les émotions sont étonnantes,
étranges parce qu’elle font appel aux sentiments de l’enfance
émerveillée.

Ils décident en chemin de faire une petite halte sur le bord de la route pour se reposer pendant 1h30 sous la surveillance de Jean-François et de Jean-Marie. Ils reprennent la route. Certains découvrent pour la première l’Afrique noire, mais tous la découvrent de cette manière digne de l’époque des premiers explorateurs. Ils passeront par Metanbougou, Didjeni, Kolokani, Nossombougou pour enfin atteindre Bamako, capitale du Mali, vers 11-12h. Ils ont roulés pendant 29 heures pour couvrir une distance d’à peu près 1.000 km.


Ils se rendent au pensionnat des petites sœurs qui les accueillent avec beaucoup de gentillesse. Ils vident les véhicules et vont se désaltérer de quelques bières bien méritées. Le soleil cogne dur. Il fait très chaud à cette heure de la journée. Le thermomètre chatouille les 36 degré et le vent est presque inexistant.
Bernard
Jacquin qui est un membre du Rotary de
Bamako-Koulaba les avait rejoint à Kiffa en Mauritanie. Il a
fait tout le trajet avec eux, ce qui fût d’une aide très
précieuse. Ils décident tous d’aller manger avec lui dans
un petit restaurant. Au menu il y a du poulet (africain) mais pas de
frites. Après le repas ils retournent au pensionnat et
s’effondre sur leur lit. Ils s‘endorment vite malgré la chaleur
et l’épuisement. Ils se réveille en début de
soirée et se rendent chez Bernard qui les reçoit chez
lui. L’ambiance est détendue, chacun retrouve ses
repères. L’apéritif est le bienvenu et ils font honneur
au repas. Ils ne traînent pas et sont content de retrouver leur
lit où ils dorment comme des bébés.
13 et 14ième jour - mercredi 3 et jeudi 4 mars 2004 -
DECOUVERTE DE LA REGION DE KITA (MALI)

MAX L’EXPLORATEUR
Ils ne sont pas éveillés tôt ce matin. Ils ont tous dormi du sommeil du juste. La nuit fût calme et le sommeil réparateur malgré la chaleur. Ils se sont répartis pour les uns chez les petites sœurs dans leur pensionnat, pour les autres chez Bernard Jaquin. Ce dernier, qui a une entreprise cotonnière à Kita, habite à Bamako dans une maison qui offre tout le confort à l’européenne, en Afrique.
Jean-Luc dormirait encore facilement une petite paire d’heure. Il n’a pas très faim non plus.
Jean-Marie avait prévu de passer par Kita pour rejoindre Bamako si l’expédition était passée par le Sénégal. Depuis leur arrivée à Bamako il n’est pas resté passif à contempler les étoiles et les oiseaux. Ce n’est pas le genre du colonel ! Il souhaite aller voir quels sont les besoins humanitaires à Kita que le Rotary pourrait combler.
Le groupe décide de partir pendant deux jours aux environs de Kita et de lier l’utile et l’humanitaire à l’agréable. La lecture de la carte nous montre que la piste en latérite est en bon état et relativement roulante. Elle se déroule sur une distance de 180 kilomètres. Dans la majeure partie de l’Afrique les distances se calculent en temps. Ce parcours qui n’est pas très compliqué se fait, malgré tout, en 5 heures.
Kita est
un chef-lieu en pays Malinké à l’ouest de Bamako. Les
Malinké forment une population d’environ 300.000 personnes.
Chasseurs à l’origine, ils descendraient des tribus qui ont
fondé l’empire du Mali au XIIIe siècle. Ils forment une
population relativement homogène. Malgré la forte et
précoce influence de l’islam, la majeur partie des
Malinké est restée animiste, et perpétue la
tradition des sociétés secrètes à
caractère religieux, social ou culturel. Dans les villages
beaucoup de cérémonies rituelles ont lieux à
l’époque des moissons. La circoncision et l’excision sont encore
pratiquée, et le mariage donne lieu à de grandes
fêtes.
C’est parmi les Malinké que l’ont trouve le plus grand nombre de
griots. Ceux-ci, musiciens et conteurs ambulants, sont les
dépositaires de la parole malinké et des histoires et de
la poésie.

« des griot »
Pour des motifs historiques pas très lointains, c’est à Kita que la communauté chrétienne est la plus importante malgré qu’elle soit minoritaire dans l’ensemble de la population. Frère Jacques y construisit une des premières églises du pays en 1890.

« marché à Kita et masque malinke »
La petite ville de Kita est nichée au pied de grandes falaises de grès, dont la plupart sont creusées de grottes qui abritèrent les populations protohistoriques du Mali. Le marché se tient à Kita tous les mercredis, jour d’arrivée de nos amis. Les femmes y convergent de tous les villages de brousse, marchant à vive allure portant sur la tête des charges qui peuvent atteindre 35 kg.
Nos amis
se retrouvent dans un petit village de cette brousse et ils sont
accueillis à bras ouverts. Certains enfants n’ont encore jamais
vu un homme blanc. Ils reçoivent en leur honneur une
chèvre (cadeau-money) qui est sacrifiée pour le repas du
soir durant lequel ils auront également le plaisir d’assister et
de participer aux danses malinké.
Jean-Luc lors du départ en Belgique avait fait remarquer qu’ils
recevraient plus qu’ils ne donneraient, qu’ils apprendraient à
relativiser les choses de la vie au contact des populations
autochtones. Ce soir, chacun prend la pleine mesure de cette
évidence.
Tard dans la nuit, ils vont se coucher, encore envoûté par le spectacle, la musique, les danses. Ils s’endorment emporté par les chants des insectes, les petits cris des oiseaux. Sir Livingstone n’est pas loin.
Le lendemain matin ils se promènent en brousse. Ils y admirent la faune, la flore, la lumière. Ils repartent ensuite lentement vers Bamako dans un décor de conte d’explorateur, quoique égratigné par certains aspects de pauvreté qui laissent songeurs.
Ce soir
ils sont à Bamako. Jean-Luc ne sent toujours pas bien. Il est
fatigué et il n’a pas faim.
15/16/17ième
jour - vendredi 5 mars au dimanche 7 mars 2004 - Bamako (MALI)
BAMAKO ROTARY CITY
Ils sont pendant trois jours à Bamako, et ils pourront goûter aux délices du repos. Ils mettront ces trois jours à profit pour « faire » du Rotary et faire un peu de tourisme.
L’histoire
de Bamako remonte à dix mille ans. A cet endroit se trouvait une
petite communauté pendant la période du
paléolithique supérieur. C’est l’époque
charnière où l’homme, de chasseur et récolteur,
est devenu éleveur, puis cultivateur.
Bamako, littéralement « le marais aux caïmans »
doit sa renaissance à une famille d’immigrants conduits par
Seribadjan Niaré qui donnera son nom au quartier de
Niaréla. C’est son fils, Diamoussadian qui fonda la ville sur
les bords du Niger. Bamako devint la capitale du Mali en 1904 à
la place de Kayes qui est à 550 km à l’ouest de Bamako.
Depuis ce moment, la ville s’étend dans toutes les directions
tel un village tentaculaire, car Bamako n’est ni plus ni moins un
énorme village. La ville est turbulente le jour avec ses
nombreux embouteillages.
On visite Bamako comme on visite n’importe quel village du pays. Toutes
les composantes qui conditionnent le mode de vie malien s’y retrouvent
: le marché, la rue, l’arbre sous lequel on palabre. Tout se
conjugue en couleurs, en odeurs, en bordures de trottoirs
enjambés, en flaques d’eau évitées pendant
l’hiver. Durant la saison sèche, toute la ville se teinte de
pourpre à cause de la poussière.
Il y a de nombreuse chose à voir : le marché de Dibida
(pièces mécaniques, vélos, pièces de
rechange de voiture, pneus), le marché de Médine (tissus,
cosmétiques, salons de coiffure), le marché aux gris-gris
(fétiches, onguents, objets de magies, animaux empaillés
ou séchés, médecine), le marché N’Golonia
(tous les ingrédients nécessaires pour faire grand usage
de la magie, textile). Il y a également le Musée
national, la Maison de l’artisanat, le Parc Zoologique, la Grande
Mosquée, la Cathédrale, l’Hôtel de Ville.
La meilleure façon de visiter Bamako est de s’y promener en
prenant soin de choisir les quartiers qui sont intéressants.
Bamako a un port fluvial qui se situe à 60 km de la ville
à Koulikoro.
Robert, Fernand, Jean, Jean-Christophe et les copains font les marchés et se promènent dans la ville.


Au
même moment se passe un évènement majeur à
Bamako : les réunions des comités inter pays du Rotary.
Bernard Jaquin représente le Mali, Jean Gordero du RC de Nice
représente la France. Le représentant belge
n’était pas présent, mais les Rotary belges
étaient représenté très efficacement par
Jean-Marie et Marc du RC Wezembeek-Kraainem, Philippe De Grave du RC
Brussel-Bruxelles Breughel et Paul Adrien Slegers du RC Tercoigne. Ils
ont participé à de nombreuses réunions et ont
noués des contacts particulièrement interessants qui ne
se répètent pas souvent dans la vie d’un rotarien.
Ils ont également participés aux réunions des
divers RC de Bamako.
C’est à cette occasion, lors d’une réunion avec le RC de Bamako-Koulaba que fût mis en chantier les fondements de l’école qui portera le nom de "Pierre Du Bois". Pierre s’en est allé il y a quelques jours pour le grand voyage dans les espaces infinis de l’éternité. Pierre était très attentifs lors des réunions du club aux préparatifs de l’expédition. Il aurait, sans aucun doute aimé être présent au Mali, participer à cette expédition. La vie, sa santé ne le lui ont pas permis. Pierre, maintenant est désormais associé au développement social, culturel, éducatif de Bamako grâce à cette école qui verra défiler de nombreuses générations d’élèves maliens, qui seront des garants de l’avenir du pays.
Malgré
la chaleur et le rythme de la vie, nos amis ont l’occasion de
récupérer les forces qu’ils ont abandonnées sur
les pistes du Maroc et de la Mauritanie. Seul Jean-Luc ne va pas bien.
Il souffre de plus en plus des intestins. Il n’a pas faim et ne peut
dormir à cause des crampes qu’il a au ventre.
Jean-François Brecx, le médecin chirurgien de
l’équipe lui donne un peu de Valium pour diminuer les douleurs
et lui permettre de se reposer. Il viendra le voir plusieurs fois par
jour. Les choses semblent s’améliorer un peu dimanche, mais
Jean-Luc ne récupère pas la forme qui lui est
nécessaire pour continuer l’expédition. De concert avec
Jean-Marie et Jean-François Brecx, il décide de rentrer
à Bruxelles le lundi au départ de Mopti. La
décision est très sage tant pour lui que pour
l’équipe. Jean-François ne peut établir un
diagnostic définitif et il préfère que Jean-Luc
aille à Anvers à l’Institut des Maladies Tropicales.
18ième jour - lundi 8
mars 2004 - ETAPE BAMAKO
(Mali) –
MOPTI - SANGA (MALI)

MIXED FEELINGS
Scénario 1 : départ
de Bruxelles
Bruxelles, dimanche 22 heures. Thierry van der Meersch conduit à
Roissy ceux qui font partie de ce que nous appelons communément
l’équipe bis. Il s’agit de Véronique Caprasse,
l’épouse de Philippe de Grave et échevin à
Kraainem, Hilde qui retrouvera Jean-Christophe, Thierry Mertens du RC
Wezembeek Kraainem et Arnaud Boland, le fils de Jean. Ils enregistrent
leurs bagages à Roissy à 1 h du matin et s’envolent
à 3 h pour Mopti où ils arriveront à 8h40
après une escale à Marseille.
Scénario 2 : organisation
de la journée
Au petit matin l’équipe se réveille à Bamako.
Jean-Marie et Marc doivent gérer une situation qui n’est pas de
crise mais qui est sérieuse. Tout le monde est partagé
entre des sentiments de tristesse de se séparer de Jean-Luc et
de soulagement de le voir partir en Belgique où il sera
soigné comme il faut. Ils ont travaillé ensemble depuis
deux ans pour monter et mener à bien ce projet. Ils aimeraient
tous bien entendu que Jean-Luc puisse aller jusqu’au bout, mais…
• Jean-Luc ne va pas bien du tout. Il faut impérativement arriver très tôt à Mopti pour s’assurer de l’enregistrement de Jean-Luc sur le vol de Paris et accessoirement de ses bagages. Jean-Marie décide de former deux équipes dont une ira le plus rapidement à Mopti pour déposer Jean-Luc et accueillir ceux qui vont atterrir ce matin. Cette équipe part immédiatement.
• Marc prend en charge la deuxième équipe qui va musarder en passant par à Djenné qui est sur la route vers Mopti et ensuite rejoindre Sanga en pays Dongon. Les deux équipes se retrouveront en route. L’équipe de Marc se réparti la majeure partie du chargement. Celui-ci est déjà considérablement diminué. En route depuis Kraainem, ils ont donné du matériel scolaire, médical et sanitaire à Beni-Mellal, Nouadhibou, Nouakchott et Bamako. C’est à Bamako que l’expédition a contribué au programme de prévention sida en faisant don d’un stock de 11.000 préservatifs.
Scénario 3 : en route pour
l’aéroport de Mopti
Jean-Marie est accompagné de Jean-François Brecx qui
prend soin de Jean-Luc. Il n’a pas faim et bois beaucoup d’eau ce qui
l’empêche de se déshydrater. Sa situation est stable et il
arrive encore à plaisanter ce qui est bon signe. La route en
asphalte depuis Bamako jusqu’à Mopti est en bon état, ce
qui permet de rouler à vive allure. Ils rejoindront
l’aéroport à temps. Ils remplissent les formalités
sans difficultés. Jean-Luc prendra l’avion qui arrive de Roissy.
Il rencontre l’équipe bis et s’envole un peu plus tard.
Scénario 4 : je musarde, tu
musardes, nous musardons.
L’équipe structurée autour de Marc charge les
véhicules des bagages et du matériel qui doit encore
être livré à Gossi, Gao et au Burkina-Faso. Il y a
moins à charger, mais la minutie et la précision de la
répartition des colis et des bagages sont les ingrédients
qui assurent une conduite facile des véhicules.

L’expédition
se met en route calmement et rejoint la ville de Ségou
après 235 km de très bonne route.
Ségou fût la capitale de l’empire Bambara aux XVIIe et
XVIIIe siècles, avant de devenir celle du conquérant El
Hadj Oumar qui s’en empara en 1861. Les français
l’occupèrent de 1890 jusqu’à l’indépendance du
Mali en 1960.
Ségou est la ville du fameux beurre de karité et celle
également de l’industrie cotonnière. La ville est en
bordure du fleuve Niger et en tire tous les avantages
économiques. La municipalité met tout en œuvre pour que
Ségou devienne la plaque tournante du commerce de l’Afrique de
l’Ouest.
La
caravane continue. Elle passe par la toute petite ville de Bla pour
rejoindre San, la capitale du pays Bobo. Animistes devant
l’éternel, les Bobo produisent un artisanat riche et
coloré, et le marché du lundi abonde d’une production de
qualité : poteries, cotonnades imprimées, calebasses
gravées. Le dimanche soir, les éleveurs peuls et leurs
troupeaux, les pêcheurs bozo avec des charrettes débordant
de poissons convergent vers cet immense marché.
La femme Bobo jouit d’une liberté sexuelle très
particulière et totale avant le mariage. Dès la
puberté la jeune fille prend l’initiative des
fiançailles. Dès ce moment et durant une période
de deux à quatre ans elle met son futur élu à
l’épreuve. Il doit tout faire pour lui prouver son amour, car il
ne manque pas de concurrents vis-à-vis desquels la belle peut
céder à leurs avances. A la veille du mariage, elle peut
considérer les prestations de son futur mari comme insuffisantes
et le renvoyer chez ses parents. Elle reprend sa liberté sans
rien devoir. Si elle accepte le mariage, elle doit prononcer un serment
de fidélité absolue. Auparavant, elle aura fait ses
adieux à sa liberté sexuelle en se livrant sans retenue
aux amis de son mari pendant deux à trois semaine.
L’équipe
continue sur la route de Mopti, et bifurque après 140 km sur une
route endiguée qui va jusqu’à Djenné qui est une
sorte d’île le long du Bani qui y étire son onde
opalescente et huileuse. L’oiseau le plus fréquent est le
martinet qui est l’hirondelle des villes.
La ville change de couleur au fil des heures. La circulation automobile
est quasi inexistante. Il faut savoir se perdre à pied et partir
à la découverte des maisons, des ateliers, des medersas,
etc. La ville a été détruite à maintes
occasions et chaque fois reconstruites. Jean Boland, architecte de son
état, n’est pas resté insensible au charme des ruelles et
des maisons recouvertes du feuillage gracile des nims. Le plus
étonnant est que les maisons ont un sexe en fonction de celui
qui en est propriétaire.
Sa grande mosquée est célèbre dans toute
l’Afrique. Cet ensemble architectural ne laisse personne
indifférent. Il compte cent piliers et cents puits de
lumière. La mosquée a été construite avec
des briques de banco, appelées « briques en boules »
en raison de leur forme. Ces briques sont fabriquées à la
main avec un mélange de d’argile, de paille et…de beurre de
karité ou de l’huile de vidange, ce qui lui donne une meilleure
résistance face aux intempéries. La visite de la
mosquée est réservée uniquement aux musulmans.

L’Unesco a classé Djenné patrimoine mondial de l’humanité.
Scénario
5 : les retrouvailles
Les deux équipes se retrouvent en route, contentes d’être
de nouveau ensembles. Philippe et Véronique ainsi que
Jean-Christophe et Hilde se tiennent un peu à l’écart
pour se laisser aller aux émotions qui leurs sont plus
personnelles. Jean embrasse son fils Arnaud, prend son bagage et le met
immédiatement dans l’ambiance de l’expédition. Thierry
découvre, s’étonne, admire.
Scénario 6 : Diagnostic
Jean-Luc atterrit à Roissy à 19h où l’attendent
Nathalie et Benoît Mertens. Il est emmitouflé dans une
veste avec une écharpe d’où émerge la
moitié du visage pour se protéger du froid. Le contraste
climatique est cruel. Nathalie est rassurée. Pendant le trajet
sur Bruxelles, il raconte ses aventures et mésaventures. Il
téléphone à ses proches. Arrivé à
hauteur de Nivelles, les crampes recommencent. Benoît
écrase l’accélérateur et ils arrivent promptement
à la maison et les lieux d’aisances salvateurs.
Ils se rendent ensuite à l’Instituts des Maladies Tropicales
à Anvers. Le diagnostic est sans appel mais rassurant. Jean-Luc
a chopé un virus dans le foie et les voies digestives qui se
traite aux antibiotiques. Malgré tout la convalescence sera
longue de plusieurs semaines de repos.
Scénario 7 : arrivée
au pays des Dogons
L’expédition quitte la route nationale à hauteur de Mopti
pour rejoindre la petite ville de Sanga en pays Dogon où ils
passeront la nuit en camping avant de visiter la région.





Mercredi matin, Jean-Marie l’increvable réveille sa petite tribu à 5 heures du matin. La bande des 4 de l’équipe bis n’est pas encore dans le rythme. Le colonel donne ses ordres de lever le camp, de plier bagages, et de déjeuner. Le lever du soleil sur les falaises est grandiose. Le moment est inoubliable.
La route est longue jusqu’à Gossi. Elle commence d’abord par la piste en pays Dogon sur le trajet qui part de Sanga, passe par Bandiagara et arrive à Sévaré près de Mopti. Les 4X4 prennent un chemin, tandis que Jean-Marie au volant du mini bus prend une route plus « facile » par les falaises. Hilde et Véronique replonge dans les bras de Morphée et y reste un bon bout du chemin, malgré le roulis.
A Sévaré, ils prennent la route nationale qui longe pour partie le fleuve Niger qu’ils vont retrouver demain à Gao. La route est longue mais le paysage est dépaysant. Ils s’éloignent de toute civilisation et ne traversent que peu de village tel Konna, Boré qui a une belle petite mosquée, Boni, Hombori. A partir de cet endroit, le ruban d’asphalte est presque rectiligne. Le paysage devient maintenant plus monotone et chacun constate la mesure de la désertification.

Ils arrivent en fin d’après-midi à Gossi pour y passer la nuit. Ils passent un petit moment de détente et de découverte d’un village où pas grand-chose se passe au milieu de ce début de désert.
Ils se lèvent jeudi à une heure « raisonnable » pour rallier Gao. La route est toujours aussi rectiligne et de plus en plus monotone. Ils longent l’immense réserve des éléphants du Gourma. Il est rare de rencontrer des éléphants, malgré qu’ils viennent se désaltérer dans les mares de Gossi et de la réserve. L’importance des éléphants du Gourma est capitale. D’un point de vue écologique, c’est l’ultime population qui a réussi à s’adapter aux contraintes de la pénurie d’eau en zone sahélienne.
Ils arrivent à Gao qui est la paroisse catholique la …plus vaste du monde avec une superficie de 820.000 km², ce qui correspond à dix fois la superficie de la Belgique. Nos amis y retrouvent la mission qui s’est installée dans la région bien avant l’arrivée des ONG. Ils remettent officiellement aux Pères de la mission les deux Pick-Up Toyota. Ils leurs seront fort utiles dans leurs travaux de développement de la région et pour venir en aide aux populations lors de leurs déplacements dans cette immensité désertique.

C’est également l’occasion d’admirer le paysage et le contraste éblouissant entre le désert jaune et ocre et le bleu translucide du fleuve Niger.
La tête remplie de ses images féeriques pour un occidental, ils retournent à Gossi pour y passer la nuit avant de descendre au Burkina-Faso.
BURKINA-FASO
21ième jour - vendredi 12 mars 2004 - ETAPE GOSSI (MALI) – OUAGADOUGOU (BURKINA)

22ième jour - samedi
13 mars 2004 - NEDOGO

23ième jour - dimanche
14 mars 2004 - KOUDOUGOU
Préambule
Samedi matin 6 mars 2004, gare du Midi : Michèle Dubbelman et
Brigitte Van Diest s’installent dans le TGV qui les dépose.
à Roissy. Elles prennent l’avion d’Air France en direction de
Ouagadougou où elles atterrissent en fin de journée.
Elles sont accueilles par Marcelline Zéba qui est une ancienne
collègue Burkinabé qui a travaillé aux Cliniques
Universitaires de St Luc à Bruxelles.
Elles arrivent une bonne semaine avant leur homme pour mettre à profit ce temps précieux dans le but de voir les déficiences médicales dont elles pourraient s’occuper à l’avenir.
Elles
visitent
• deux maternités à Ouagadougou,
• un centre de prévention de la transmission du Sida de la
mère à l’enfant,
• le home Kizito,
• la Maison des ‘1000 jeunes filles’ qui est une association pour la
promotion de l’alphabétisation des filles qui vivent en milieu
rural,
• la nouvelle maternité du Dr. Zoungrana qui est un jeune
gynécologue
• des centres de kiné
• le comité National de Lutte contre les Mutilations Sexuelles
ainsi que la clinique qui se spécialise dans les
décollements vulvaires.
Voila un vaste programme pour deux occidentales qui ne sont pas encore
très familières des problèmes de santé en
Afrique. Michèle qui est kiné spécialisée
en accouchement se sent concernée par tous ces aspects.
Elles
logent chez Marcelline qui les
reçoit dans une maison confortable à Ouagadougou.
L’expédition
Le trajet est long de Gossi à Ouagadougou. Le colonel qui
connaît son équipe la fait lever à 4 heures du
matin. Ils refont la route nationale asphaltée de Gossi à
Sévaré, pour ensuite prendre la piste qui passe en pays
Dogon et qui les mènent à Douro et Koro qui est le poste
frontière du Mali.
L’aventure administrative commence. La patience est une vertu
précieuse en Afrique lorsque l’on goûte aux joies de
l’administration des douanes.
Le convoi est composé du mini bus, des deux Pick-up, tous
immatriculés en Belgique en transit, et un 4X4
immatriculé au Mali. Nous sommes au milieu de la journée
et le soleil ne se prive pas de se faire remarquer.
Le passage de la douane malienne se fait sans trop de problèmes.
L’expédition continue sa route jusqu’au poste frontière
du Burkina qui est 50 km plus loin à Tiou. Le soleil est
toujours aussi implacable. La qualité de la lenteur
administrative des douanes est parfaite. Nos amis attendent que les
papiers soient enfin vérifiés. Lorsque c’est aspect
administratif est terminé, Jean-Marie n’en croit pas ses
oreilles. Ils ne peuvent pas entrer au Burkina parce que certains
papiers ne sont pas en ordre pour le 4X4 malien. La solution est de
faire demi-tour et de refaire les 50 km jusqu’à Koro. Ils y
remplissent des formulaires sur une vieille machine à
écrire dont les touches fonctionnent occasionnellement selon la
puissance du doigt. Enfin les papiers sont en règles. Ils
peuvent s’en aller vers le poste de Tiou. Ils doivent de nouveau
s’armer de patience. Ils assistent à l’arrestation d’un sans
papier, ainsi qu’au baissé du drapeau burkinabé. Ils
peuvent finalement entrer au Burkina après 4 heures de patiences
et d’administration.
Ils continuent sur la piste jusqu’à Ouahigouya qu’ils atteignent vers 19 heures. Ils font le plein de mazout et repartent sur une route asphaltée jusqu’à Ouagadougou. Il est un peu plus de 21h30 et ils se rendent à la réunion du Rotary Club de Ouagadougou Savane. Ils se plient très volontiers aux échanges de fanions et aux plaisirs de se retrouver autour d’une table.

Marc et Fernand vont loger chez Marcelline avec Michèle et Brigitte qui y sont depuis plusieurs jours. Les autres iront dormir chez des amis.
Samedi
matin chacun se lève
tranquillement dans le confort de résidences d’Ouagadougou. Ils
prennent leur petit déjeuner sans se presser et ils se
retrouvent pour se rendre à Nedogo. C’est un petit village
à côté de la ville de Zorgo à quelques 100
km de Ouagadougou.
La vie y est dure. Du fait de son éloignement des centres
urbains, sa population n’a pas ou peu accès aux centres de soins
et aux écoles. Le Rotary de Wezembeek-Kraainem y a une attache
privilégiée en la personne d’Odette qui est
Burkinabé et qui vit en Belgique. Elle nous a fait prendre
connaissance des besoins spécifiques de son village. Il y a une
école qui n’est pas équipée en matériel
didactique. Les enfants sont assis par terre pour suivre les cours.
Tout est dans un état vétuste.
Le dispensaire et la maternité sont rudimentaires avec du
matériel archaïque en très mauvais état.
La visite au village se fait dans une ambiance festive caractéristique de l’accueil sans limite des burkinabés. Ils sont heureux de recevoir l’expédition. Ils n’ont pas assez de mots pour la remercier d’avoir fait tout ce trajet depuis Bruxelles pour leur donner un véhicule ambulance 4X4 et du matériel médical et scolaire. C’est la fête avec ses danses, les chants, la musique, le repas. C’est l’accueil sans mesure des plus démunis vers les nantis. Ici, dans ces circonstances, les frontières sociales et raciales n’existent pas.

Le soir, c’est le retour à Ouagadougou la tête remplie de souvenirs, les oreilles qui résonnent encore des chants et de la musique, les yeux comblés des couleurs et de la lumière.
Dimanche 14 mars est également une journée inoubliable. Jean-Marie colonel de l’armé des zouaves, réalise qu’il a oublié sa mallette à la frontière. Elle contient ses papiers officiels de l’expédition. Petit moment de panique qui se solutionne rapidement. Jean-Marie accompagné de Philippe et de Jean retourne à la frontière pour aller la chercher et ils seront de retour vers 14 h 30 après un parcours de 600 km.
Pendant ce temps, Marc et les autres conduisent le mini bus à Koudougou qu’il va remettre à l’ONG « Action Micro Barrage ». Ils sont accompagnés de rotariens de Ouagadougou qui les suivent dans quelques voitures. Ils sont reçus par le directeur de l’ONG et des membres de son organisation. Ils vont déjeuner ensembles et rentrent ensuite à Ouagadougou. Monsieur Janssens, Ambassadeur de Belgique, les invite tous à prendre un verre à sa résidence.
Ce soir, ils se retrouveront ensemble pour un dernier repas en Afrique avant le retour ce lundi 15 mars 2004 en Europe.