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Expédition humanitaire
MALI - BURKINA 2004
ROTARY WEZEMBEEK-KRAAINEM 20/02/2004

Une opération du Rotary Club Wezembeek-Kraainem, Rotary Bruxelles Breughel et du Rotary Bruxelles Tercoigne

conjointement avec les Rotary Clubs de Nouadhibou-Flamants « Mauritanie », de Bamako-Koulaba «Mali» ,  et de Ouagadougou Savane « Burkina Faso »

Dernière mise à jour : 18 décembre 2004               L'album photo 2004 : MALI BURKINA mars 2004
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Inauguration de l'école Pierre Dubois au Mali - octobre 2004

Les photos du voyage: 1 à 99 100 à 199 200 à 299 300 à 399 400 à 499 500 à 599 600 à 699 700 à 799 800 à 903

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Chiffres clés :    6 véhicules tout terrain.
                                15 participants.
                               
10 m³ de matériel médical, sanitaire, d’éducation scolaire et sociale.

Sponsors :
           La Commune de Kraainem.
                                La Commune de Wezembeek.
                                Le
s Cliniques Universitaires Saint-Luc .
                                Des écoles de Wezembeek, de Kraainem et de Woluwé-Saint-Pierre.
                                Le Collège Saint Michel.
                                Les sociétés : Citibank Belgium SA, Imperbel SA, Mobistar SA,
                                                         Pernod Ricard Belgium SA, Senec SA, Soficom, Total Belgium SA.

Participants : Il s’agit des 15 personnes qui se sont portées volontaires pour conduire les véhicules et amener le matériel qui seront donnés aux Rotary Clubs de Nouadhibou-Flamants en Mauritanie, de Bamako-Koulaba au Mali et de Ouagadougou au Burkina Faso.

RC Wezembeek-Kraainem :
Jean-Marie Crevecoeur, Marc Dubbelman, Jean-Christophe Liénart, Benoît Mertens, Thierry Mertens, Jean-Luc Moureaux, Olivier Houdart.
RC Bruxelles-Tercoigne : Jean Boland, Paul Adrien Slegers, Robert Willem.
RC Brussel-Bruxelles Breughel :Philippe Degrave
Participants associés : Nicolas Bleret, Jean-François Brecx, Paul-Henry Heuse, Baudouin Thonnard, Fernand Van Diest.


Budget :
Le budget de cette opération se monte à EUR 165.000 dont la somme de USD 59.800 provient de la Rotary Foundation et  la somme de USD 21.800 du Rotary Belgique District 2170.

  Carte des 3 premières étapes

Départ: vendredi 20 février 2004 à 10h - 1ère ETAPE KRAAINEM (Belgique) - LE DORAT(France)

Place la Paix à KRAAINEM (Maison Communale de Kraainem). Sont présents tous les participants de l’expédition, les membres des trois Rotary Clubs qui se sont engagés dans le projet, des édiles communaux, les sponsors, la presse et bien entendu tous les amis qui sympathisent et qui apportent leur soutien.

LES HOMMES PARTIS DU FROID

 

« l’équipe de départ » « RC Wezembeek-Kraainem »

 

Il est 9 heures 30, il fait froid, le ciel est bleu et le soleil tiède donne une merveilleuse couleur de fin d’hiver. Les premiers véhicules arrivent et se parquent sur la place de la Paix à côté de la maison Communale de Kraainem. Petit à petit les amis des volontaires de l’expédition se rassemblent, échangent des petits potins pour tenter de cacher les petits pincements de cœur et leurs émotions avant le départ.

Nous sommes reçus par Véronique Caprasse, échevin de Kraainem qui rejoindra l’expédition plus tard à Gossi au Mali. Elle y retrouvera son mari Philippe Degrave membre très actif du RC Brussel-Bruxelles Breughel.

Nous nous retrouvons tous dans la grande salle de la Maison Communale où les bourgmestres de Kraainem et de Wezembeek félicitent les organisateurs, les membres de l’expédition, et tous ceux que l’on oublie souvent de nommer par ce qu’ils ont travaillé nombreux en coulisse.

La commune offre une collation composée de croissant de café et de thé chaud.
Jean-Marie et Jean-Luc, les deux chevilles ouvrières médiatisés donnent le signal du départ. Ils participent au préalable à l’interview télévisée de la RTBF, pour ensuite mettre le contact et lancer les machines sur la route du Sud.


« Jean-Luc interviewé par télé RTBF »

Ils sont partis ce matin vers 11 heures pour la destination du cœur. L’humanitaire coule dans les veines des treize copains volontaires qui sont convaincus que l’utopie de l’amitié, par delà les frontières, permet encore aujourd'hui’hui de construire, petit à petit, un mieux être pour les défavorisés de la planète terre.

Ils connaissent leurs destinations. Ils ont évalués les risques, mais aucun, même le plus expérimenté, n’a encore pris la vraie mesure de l’effort qui les attend lorsqu’ils auront mis pied sur le continent africain. Ce n’est pas un Paris – Dakar ! C’est un pari humanitaire qui va durer un mois d’émotions fortes qu’ils vont partager entre eux, et avec leurs familles restées en Belgique.

Pour certains c’est une première. 

Pour d’autre c’est un retour dans l’aventure tel Jean-Marie Crevecoeur avec 3 participations, Marc Dubbelman, Jean-Luc Moureaux et Fernand Van Diest pour qui c’est la deuxième participation. Outre des membres de notre club, certains de ceux de Bruxelles-Tercoigne et de Brussel-Bruxelles Breughel sont également de la partie pour leur première participation.

 

« RC Tercoigne »                                                                           « RC Breughel »


« Les participants associés »

Cette première étape ne présente aucune difficulté majeure malgré ses 682 kilomètres fastidieux sur bitume auto routier. Ils sont passés par Paris et Orléans. La très petite ville de Le Dorat est à un jet de 4x4 de Limoges. Ils y sont accueillis par le RC de Bellac, par le Maire de la ville et ses habitants. Notre ami Robert Willem (RC Bruxelles-Tercoigne) y a une maison et a organisé cette première étape depuis plusieurs semaines. Il a un sens aigu de l’hospitalité, de la chaleur familiale, des amis autour d’une bonne table. Pour mieux recevoir le convoi il emmène Marie-Christine et leur fils François qui resteront ensuite quelques jours à Le Dorat.

Le soir, ils ont droit au menu de dégustation des saveurs de la France profonde au cours d’un banquet de 40 couverts. Ce fût l’occasion d’échanger des fanions avec le RC de Bellac ainsi qu’avec celui de Nantes qui était représenté par nos amis François et Murielle Gilbaut. François fit partie de l’expédition Mali 2002.

Les convoyeurs sont logés pour certains chez les Willem, pour d’autres chez des amis.

Bien entendu ils n’auront guère le temps de visiter cette citée romaine fortifié de remparts qui datent des guerres de religions. Cette ville était le chef-lieu d’un évêché qui a toujours sa Collégiale Saint Pierre qui fût construite aux 11ème et 12ème siècles qui fût également fortifiée au 15ème siècle. Nos amis pourront malgré tout y admirer de très belles façades dont certaines datent du 16ème siècle.

Ce même jour, Olivier Houdart (RC Wezembeek-Kraainem) me téléphone. Il s’est également lancé dans l’aventure avec son ami Luc Vergaelen. Ils étaient déjà de l’expédition Mali 2002. Ils sont partis le dimanche 15 février 2004 depuis Tervuren en 4x4. Ils laisseront leur véhicule et du matériel au RC de Nouadhibou-Flamants en Mauritanie. Ils y seront rejoints par les autres membres de l’expédition.
Ils sont à Ouarzazate au Maroc où il fait bon mais un peu pluvieux. Tout va très bien et ils continuent leur petit bonhomme de chemin, ce qui est un euphémisme pour qui connaît la qualité des routes du pays.

2ième étape : samedi 21 février 2004 LE DORAT(France) –SALOU(Espagne)

LES HOMMES PARTIS SOUS LA PLUIE

Ce matin j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec mon ami Marc Dubbelman.

Les équipiers ont très bien dormis à Le Dorat et ils se sentent en pleine forme. Le repas de la veille était excellent et l’ambiance était de plusieurs crans au-dessus de ce que nous connaissons lors de nos réunions statutaires au Sodehotel avec un repas. Jean-Marie Crevecoeur avec qui j’ai également parlé m’a fait remarquer que la salle était composée d’un demi quatre-vingt chasseurs !!! Ils étaient quarante à table. Le ton est donné. Ils sont donc tous déjà bien lancés dans les prémices de leur expédition.

Ce matin ils se sont éveillés de bonne heure avec la ferme intention de partir tôt. Vous avez dit « tôt » ? Comme c’est bizarre ! Ce mot ne sonne pas bien aux oreilles des habitants et du Maire de Le Dorat. En effet ce n’est pas tout d’avoir une bonne fourchette la veille, il faut pouvoir remettre le couvert au petit déjeuner. Les tables étaient dressées recouvertes de plateaux de croissants, de pot de café, de lait, de jus de fruits et autres petites gâteries.

 

« RC de Bellac à Le Dorat »

Le temps est à la pluie fine et tenace. Aucun commentaire sur la température. Le départ est évidement retardé, le cœur de nos amis se nourrissant de la chaleur fraternelle des habitants. Enfin ils partent à 9h15, font le plein et sont en route, déjà à hauteur de Limoges à 10h 12.

Excellente route en France, passage sans problème à la frontière, tout schuss en Espagne vers Salou par Valencia et Murcia. Ils sont arrivés vers 19h dans un petit hôtel simple que Marc avait choisi. Ils se sont retrouvé au bar pour boire une chope bien mérité, pour ensuite se retrouvé à table et profiter d’un moment de calme. Le temps est doux à hauteur d’un petit 15 degrés soutenu par une brise légère.

3ième étape - dimanche 22 février 2004 - SALOU (Espagne)- ALMERIA(Espagne)

MACADAM PAËLLA

Le départ est donné ce matin à 9 heures. Les hommes et les véhicules sont reposés et restaurés.

Ils ont roulé toute la journée prudemment mais dans un rythme régulier et soutenu. Les coéquipiers font les relais requis qui permettent aux autres de se reposer pendant le trajet, et à chacun de s’habituer à la conduite des véhicules avant d’affronter les routes et les pistes en Afrique.

La météo est excellente et la température sans être affolante commence à grimper au fur et à mesure que nos amis descendent vers le Sud.

Ils sont arrivés ce soir à Almeria à 17 heures. Ils sont reçus ce soir au « Almeria Grand Hotel » par le RC d’Almeria qui y tient ses réunions statutaires. Nos amis du club les avaient déjà rencontré lors des expéditions précédentes en 1999 et 2002. C’est par contre l’occasion pour les amis de Tercoigne et de Breughel de les rencontrer et de faire les échanges de fanions lors de cette réception.

A 23 heures ils embarquent sur le bateau pour la traversée de nuit de la Mer Méditerranée pour accoster demain matin à 8 heures au Maroc à Nador.

4ième étape - lundi 23 février 2004 - ALMERIA (Espagne) – BENI-MELLAL(Maroc)

 

BITUME COUSCOUS

A ce stade de l’expédition, c’est la plus longue étape de l’équipe.

Hier soir ils étaient reçus comme des princes venus de nul part. L’ambiance était chaude, très chaude. La température extérieure y était peut-être pour quelque chose. Le cœur et l’esprit de la fête étaient deux ingrédients majeurs de l’ambiance. La soirée a débuté avec quelques apéritifs et tapas, pour se poursuivre à table.

Jean-Marie est toujours partant pour des agapes mais ses neurones restent malgré tout en alerte. L’heure c’est l’heure. Le bateau n’attend pas. Ils ont plié bagages et ont quitté les rotariens du club d’Almeria avec beaucoup de regrets. L’un ou l’autre avait un peu mal au crâne ce matin.

La nuit fût courte. Ils débarquent à Nador et touchent la terre d’Afrique.


« Nador »

Nador est une petite ville portuaire par laquelle transite un flot continu de marchandises et de voyageurs. Les bureaux de la douane sont modernisés depuis la dernière expédition de 2002 et l’effectif des douaniers a augmenté. Jean-Marie prend les documents des véhicules, les passeports pour les présenter. Tout se passe bien jusqu’au moment où un douanier zélé et curieux souhaite vérifier le contenu des véhicules. Il vise un des pick-up et enlève la bâche qui recouvre l’arrière de celui-ci. Jean-Marie confiant de nature commence à s’inquiéter malgré tout lorsque le douanier observe les boites qui contiennent des médicaments. Ce douanier à ce stade ne sait pas qu’il y a des médicaments. Tout le monde peut avoir des médicaments pour son usage personnel, mais le Maroc interdit le passage de médicaments à distribuer sans déclaration et autorisation préalable. Jean-Marie se demande comment il va pouvoir expliquer qu’une aussi grande quantité de pilules est pour l’usage personnel de ses équipiers qui ont tous une mine superbe.

- Le douanier : quelle est votre destination ?
- Jean-Marie : le Mali et le Burkina
- Le douanier : vos papiers sont en règles, mais je veux voir le contenu des boites qui sont transportées dans ce véhicule.
- Jean-Marie : il n’y a aucun problème, enfin si vous voulez… mais la route est longue !
- Le douanier : tiens voila cinq de mes collègues qui arrivent et qui sont également curieux de voir votre chargement.
- Jean-Marie : plus on est de fou plus on rigole….non non je plaisante !
- Les douaniers : vous avez des médicaments à déclarer ?
- Jean-Marie : heu oui pour notre usage, uniquement. Nous ne sommes pas à l’abri d’une maladie ou d’une turista !
- Un des douaniers : oui je comprend, mais combien ?
- Jean-Marie : je n’en ai aucune idée, c’est pour usage personnel, alors vous savez je reste discret auprès de mes équipiers. Ce sont leurs affaires personnelles et privées. Vous comprenez n’est ce pas ?
- Les douaniers en cœur : nous comprenons, mais…
- Jean-Marie (pas à cours de ressources) : j’ai regardé le match de football à la TV entre le Maroc et la Tunisie. Très beau match, hum, très bon joueurs.
- Les douaniers en cœur : oui oui ! Vous avez aimé ?
- Jean-Marie : oui absolument et, bien entendu, j’admirais particulièrement la beauté du jeu de l’équipe du Maroc !!
- Les douaniers : il commence à faire chaud…merci pour d’avoir soutenu notre équipe nationale, et …bonne route.

Le convoi démarre et laisse Nador sur le côté.

  

« Fez »                                                                     « Kénifra»                       « Azrou»

Direction Guercif où ils prennent un café vers 10 h. Ils contournent Fez sans lui dire un petit bonjour. L’étape sera longue. Il fait déjà chaud, mais la température est très supportable.

Ils s’arrêtent à midi dans un restoroute où Jean-Marie prend la décision de ne pas répéter l’expérience qui leur fait perdre un temps précieux pour un repas sans qualité. Ensuite ils poursuivent jusqu’à Beni-Mellal où ils arrivent à 18 h 30 (heure locale) au moment du couché du soleil. Ils en prennent plein la vue et leur boite à mémoire stocke les images qui les saoulent à ravir. Ils n’oublieront pas les paysages qu’ils ont vus, les campagnes et les villages qu’ils traversent.

Ils logent au Beni-Mellal Chem’s, hôtel **** sur la route de Marrakech, qui est tenu par un rotarien du RC de Beni-Mellal. Une réunion commune est prévue ce soir avec ce club.

  

« Beni-Mellal »

5ième étape - mardi 24 février 2004 -
BENI-MELLAL (Maroc) - TAN-TAN (Maroc)


A FOND DANS L’ATLAS

Ils se sont levés assez tôt ce matin pour attaquer une journée guère facile, après une nouvelles soirée rotarienne. Ils ont participé activement à la réunion du RC de Beni-Mellal durant laquelle les rotariens ont échangés leurs fanions. Apéro sympa et très bon repas. Nos amis ne sont pas couchés trop tard, quoique 0 h 30 ce soit déjà le lendemain.

Ils ont pris un petit déjeuner costaud et sont ensuite monté dans leurs véhicules. Au même moment nous apprenions à Bruxelles qu’un tremblement de terre de magnitude 6,5 s’était passé en fin de nuit dans la région du Nord-Est du Maroc. L’épicentre était à Al Hoceima à 60 km de Nador où ils étaient la veille. Les secousses du séisme ont été ressenties à Fez. Les nouvelles que nous recevons ne sont pas rassurantes.

Je téléphone à Marc vers 10 h 30. Il me dit très calmement qu’il vient d’entendre à la radio qu’il y a eu un tremblement de terre. Je me rends compte que nous sommes mieux informés qu’ils ne le sont.

Ce qu’il me dit est rassurant en ce qui les concerne. Ils n’ont rien ressenti. Ils sont en route vers le Sud et sont déjà fort éloigné de Fez qu’ils ont contourné la veille.

Le trajet aujourd’hui était difficile dans un décor splendide. Ils ont traversé la chaîne de l’Atlas en passant par le Haut Atlas et le Moyen Atlas. Ils sont montés jusqu’à 1250 mètres d’altitude, ils ont « dégringolés » dans des gorges profondes, ils ont vu la région magnifique des cascades d’Ouzoud, ils sont passés par Marrakech qu’ils ont abandonné aux touristes. La route est très sinueuse et fort fréquentée. Aujourd’hui, jour de drame national au Maroc, la route était bondée de convois militaires et sanitaires qui montaient vers Fez et le Nord du pays.
Ils commencent à traverser des régions plus pittoresques et plus éloignées de la civilisation moderne. Il n’est pas rare pour nos amis de devoir « traîner » derrière un camion poussif qu’ils ne peuvent dépasser par manque de visibilité rassurante. Parfois, ils se retrouvent derrière un petit charroi tiré par un âne. Robert a rencontré ses premiers chameaux sauvages. Passé Agadir, la route plonge vers le désert, avec ses petites villes tel Tiznit, Bouizakarne ou Guelmin, ainsi que de très beau villages qui ont gardé leur âme du passé.

    

Ils arrivent à Tan-Tan en fin d’après-midi sans retard notable, mais fatigués de la route très sinueuse et lente.


Ils n’ont pas de réunion rotarienne ce soir au programme. Ils se retrouvent pour l’apéritif vers 20 h et au menu ils dégusteront un couscous aux cinq légumes, au poulet, mouton et bœuf. L’hôtel est sympathique mais sans plus. Ils commencent à quitter les zones hôtelières **** pour faire l’expérience des hôtels deux et trois cafards. Néanmoins ils ont vue sur la mer avec la rumeur du ressac et des vagues qui viennent mourir sur le sable.

6ième étape - mercredi 25 février 2004 - TAN-TAN (Maroc) – DAKHLA (Maroc)

 

LE RUBAN ENTRE MER ET DESERT

Ce mercredi est une journée longue et fatigante. C’est également une journée de transition. Il s’agit d’avaler plus de 820 km pour acheminer les véhicules et le matériel à Dakhla, dernière étape marocaine avant de rejoindre jeudi Nouâdhibou en Mauritanie.

La route est un très long ruban noir interrompu de bancs de sables, de nids de poule qui n’en ont que le nom mais pas la dimension. Cette longue bande routière est fatigante non seulement par sa longueur mais surtout par l’attention permanente des conducteurs qui doivent éviter les écueils naturels de cette route. Mais tout à son envers ou vice versa. L’expérience de rouler sur une route avec la mer à sa droite et le désert à sa gauche est unique. Vous ne savez pas si c’est la mer qui vient s’ensabler dans les dunes du désert ou si c’est ce dernier qui va se noyer dans l’océan.

Les hommes commencent à goûter aux prémices de l’effort, de la fatigue et de la découverte réelle du prix qu’ils payent pour atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés au nom de leur Rotary Club et d’eux-mêmes.

Ils passent par Tarfaya tôt dans la matinée. Le temps n’est pas au beau fixe.
Tarfaya fût en 1876 un petit port nommé Cap Juby qui était sous contrôle de l’Empire Britannique. Un traité signé avec le sultan lui confère le statut de port du Sahara et permet au Maroc de racheter ce territoire. Le montant est fixé à 50.000 livres. Les britannique vont y installer la concession commerciale « North West African Imperial Company". Ce sera également une base militaire anglaise et qui servira aussi de relais au pilote français Antoine de Saint-Exupéry, commandant à l’Aéropostale.

 

Ils seront ensuite à Laâyoune qu’ils traversent à 10 h sous une pluie fine. La température dépasse à peine les 18 degrés.
Ici ils sont entrés dans le vif du Sahara Occidental qu’ils vont continuer de traverser toute la journée et durant une partie de la matinée de jeudi.
Laâyoune est également un port. La ville est entourée par le désert et est battue par le sable. Elle est la première ville du Sahara occidental à 500 km d’Agadir. Elle fût de 1940 à 1975 la capital de la province espagnole du Sahara Occidental. Depuis ce moment elle appartient au Maroc.
La ville est située en face des Iles Canaries.

 

La roue reste monotone et continue d’exiger beaucoup d’attention.

L’expédition qui reste groupée passe par Lemsid pour arriver à Boujdour.
Cette petite ville côtière était à l’origine un village de pêcheur à l’instar de toute les villes et village de la côte du Sahara Occidental. Dès l’indépendance en 1976, Boujdour a commencé à prendre son caractère urbain actuel. Le lieu est considéré comme la zone des belles plages par excellence. En effet des plages féeriques et pittoresques de sables s’étendent sur des dizaines de kilomètres. Certaines émergent entre des petites chaînes de falaises qui plongent dans la mer. Le sable brille de sa couleur dorée.
Boujdour a en chantier un programme de développement touristique qui va modifier petit à, petit son caractère pittoresque actuel.

 

Ensuite la route poursuit sa lente monotonie jusque Dakhla où l’équipe arrive vers 19h. Nos amis logent dans un camps-hôtel. Les chambres ont tout du confort local. Ils iront manger dans la soirée en ville dans un petit restaurant dont Jean-Marie et Marc pensent pouvoir retrouver depuis leur dernier passage en 2002. Robert a déjà fait connaissance avec un pêcheur local avec qui il échange ses expériences de pêcheur à la ligne et ses aventures bretonnes.

Dakhla est la dernière ville avant la Mauritanie et est le passage obligé pour passer la frontière qui est à 327 km de là. Il y règne une certaine ambiance militaire et il n’est pas rare de rencontrer des soldats en ville. Celle-ci a gardé quelques beaux vestiges de l’époque coloniale espagnole et celle portugaise qui la précédée.

 

 
7ième étape - jeudi 26 février 2004 - DAKHLA (Maroc) - NOUÂDHIBOU (Mauritanie)


CONVOI REGLEMENTE

Le désert et la route réservent toujours des surprises aux néophytes et souvent encore aux vétérans. A cette saison de fin d’hiver la température n’est pas torride et elle peut également être fraîche. Ceci devient bien entendu un avantage lorsqu’il faut parcourir cette bande de route qui exige une conduite attentive et précise. La circulation entre El’ Argoub (à 40 km au Sud de Dakhla) et Nouâdhibou est règlementée. Voilà un paradoxe auquel personne ne s’attend au milieu du désert en bordure de mer. Cette route est la seule qui relie le Maroc et la Mauritanie. Elle est donc le passage obligé. La guerre du front du Polisario a laissé des traces et les belligérants ont abandonné des objets qui font « boum » : les mines. Celles-ci sont dispersées dans le désert le long de la frontière mais également le long de cette route. Malgré qu’aucun plan de localisation des mines n’existe, il n’ y a aucun danger lorsque l’on roule de jour et que l’on respecte les consignes strictes de circulation. C’est ce que fait tout conducteur responsable.

 

Cette route goudronnée n’est guère entretenue. Elle se laisse envahir par le sables ce qui oblige le conducteur de rester attentif et faire confiance à son co-équipier observateur. Enfin, l’état du revêtement est défoncé en plusieurs endroits. Mais à cœur vaillant et rotarien tout problème a une solution, et, s’il n’y a pas de solution c’est qu’il n’y a pas de problème.

Néanmoins le décor reste enchanteur avec la vue sur la mer à droite de la route et sur le désert à sa gauche. Au loin vers l’Est, mais visible à l’œil nu, se trouve l’Adrâr Souttouf. Il s’agit d’une petite chaîne de montagne composée de roc et de sable dont le sommet culmine à 518 mètres.

La route s’arrête net à Guerguarat à quelques 40 km au Nord de Nouâdhibou. Il serait plus correct de dire que se qui s’appelle communément une route devient une piste carrossable de sable et cailloux. L’équipe arrive à la frontière. Le poste frontière est un fort, qui est en réalité composé d’une vingtaine de vieux baraquements au milieu d’un paysage de la Guerre des Etoiles. La situation est un poème de patience face à la bonne volonté des douaniers et de agents de police.
L’aventure reste l’aventure. Ici, la prophétie de Jean-Luc prend tout son sens. Les équipiers découvrent et s’enrichissent du comportement des populations locales dans leur milieu et leur culture. Nos amis ne seront plus jamais les mêmes. Ici il n’est pas question de préjugés et de clichés aseptisés par nos modes de vie.

Un petit miracle s’opère : le passage à la douane se passe bien et vite.

Et maintenant, ils font route pour avaler les 40 km qui restent pour rejoindre Nouâdhibou où se trouvent déjà Olivier Houdart et Luc Vergaelen. Ils sont arrivés il y a deux jours avec le véhicule 4X4 financé par le RC Bruxelles-Tercoigne. Celui-ci sera remis demain officiellement au RC de Nouâdhibou-Flamants, ainsi que du matériel scolaire et médical. Olivier était parti le dimanche 15 février 2004 depuis Tervuren avec ce matériel. Il a un peu musardé sur les routes marocaines pour arriver à bon port ce mardi 24 février 2004 en bonne santé, entier, et le matériel en parfait état.

Nos amis logent cette nuit ainsi que la suivante dans des tentes touaregs. Demain sera le premier jour de repos de l’équipage.


8ième jour et repos - vendredi 27 février 2004 - NOUÂDHIBOU (Mauritanie)

Aujourd’hui les hommes et les machines se reposent. L’équipe en a besoin pour récupérer de la première partie de l’expédition. Ce jour précieux leur permet de se préparer aux trois jours de trajets qui seront effectués finalement par la Mauritanie pour arriver au Mali et rejoindre Bamako. Ils ont pris la décision de modifier le trajet et de ne pas passer par le Sénégal après l’étape à Nouakchott. Si le trajet par la Mauritanie est relativement dur, il offre l’avantage d’être plus court. Le gain de temps est non négligeable.

  

La Mauritanie est une république islamique qui est indépendante depuis 1960 après avoir été une colonie française. Sa population est estimée à 2.9 millions d’habitant de confession sunnite. Le pays est pratiquement un désert sur tout son territoire à l’exception de la ceinture fertile le long de la rivière Sénégal.

Nouadhibou est la première ville que l’on rencontre en venant du Maroc. C’est la deuxième ville en importance du pays. Cette ville n’a pas été conçue pour le tourisme. Il y a peu à y voir. La nature par contre est splendide. La ville s’étire le long d’une fine péninsule qui s’étire vers le sud en face de la côte. Le terrain est composé de sable soulevé par le vent. La petite végétation dans les baies de la côte fait parfois oublier que l’on est au Sahara.

  

La nourriture à Nouadhibou est la meilleure que l’on puisse trouver en Mauritanie. Il y a une seule explication à cet état de fait : l’activité de pêche internationale y est très active et qui utilise la ville comme port d’exploitation. Les marins exigent de pouvoir manger décemment ce qui permet d’y trouver de bons restaurants. La pêcherie locale offre également des produits frais et de très bonne qualité.

C’est ainsi que nos amis ont eu le privilège de manger le jeudi soir de la langouste et du poisson frais pêché le jour même.

Le vendredi, jour de repos, nos amis ont profité pour se rendre le matin dans une réserve naturelle. Les oiseaux migrateurs y sont nombreux et magnifiques. Ils ont également vu des phoques blancs.

De retour au campement, ils se sont occupés de leurs véhicules et du chargement. Ils les ont entièrement vidés et inspectés. Ensuite seulement ils les ont rechargés. Cette opération est indispensable pour s’assurer du bon état de marche des véhicules et de l’arrimage parfait du matériel transporté.

Ensuite ils se sont rendus en ville pour déjeuner et pour la visiter. Ils ont fait quelques achats. Chacun a voulu s’imprégner de la couleur locale en achetant un chèche. Au Sahara, les hommes mettent cette longue écharpe enroulée sur leur tête.


Enfin le soir, ils ont eu leur réunion commune avec le RC de Nouadhibou-Flamans durant laquelle ils ont donné officiellement le véhicule 4X4 financé par le RC Bruxelles Tercoigne, ainsi que du matériel scolaire.

Ils sont retournés dormir sous les tentes touaregs pour une nuit de repos avant la longue étape vers Nouakchott.

L'EXPEDITION MAURITANIE de Olivier HOUDART "travel" & Co
Dimanche 15 février 2004 au mercredi 3 mars 2004

Olivier a monté son trip sur la Mauritanie en s’inscrivant dans l’opération Mali – Burkina 2004. Son but était d’amener au moins un véhicule et du matériel scolaire et médical au RC de Nouadhibou. Notre club avait déjà pris des contacts avec ce club lors des deux expéditions précédentes. A ces occasions nous leur avions donné du matériel, mais nous n’avions, de par les circonstances, jamais eu l’opportunité de leur consacrer un objectif unique et entier.

Olivier a cherché des sponsors qui lui ont permis de financer pour partie l’achat d’un véhicule. La société Ontex a fourni du matériel médical. Le Rotary Club de Bruxelles Tercoigne a contribué au surplus : il a cassé sa tirelire et obtenu un Matching Grant de la ROTARY FONDATION à’Evanston(USA).

Pour l’épauler il avait trouvé trois équipiers en la personne de Luc Vergaelen, qui est un pilote de course et de rallye confirmé, de Claude Evraerd qui est un excellent mécanicien et de Ronny Van Pennen.

 

Ils sont partis de Tervueren le 15 février 2004, cinq jours avant le départ de la grosse expédition. Ils ont rejoint le sud de l’Espagne, deux jours plus tard, près de Gibraltar, pour traverser le détroit et prendre pied au Maroc. Ils vont y musarder pendant plusieurs jours, alliant l’utile à l’agréable. Ils auront tout le loisir de visiter l’Atlas, qui est une des plus belle région du Maroc.

A partir de la petite ville de Tiznit, ils ont précédés de quelques jours la grosse troupe sur la route côtière du Maroc pour atteindre la frontière mauritanienne le 23 février 2004. L’attente n’y fut pas trop longue et les formalités faciles. Ils ont rallié Nouadhibou le même jour où ils seront reçus par des représentants du RC de Nouadhibou Flamants.

Immédiatement ils vont prendre le pouls des problèmes sociaux et médicaux de la ville. Ils ont également l’occasion de nouer des liens d’amitiés avec les rotariens de Nouadhibou. Ils se sont retrouvés au Bar le Monaco en compagnie de l’Adjoint du Gouverneur, Cheikh Fadhel, et le trésorier du club, Cheikh Tourad. !Ce dernier possédait sans doute une importance stratégique non négligeable dans le bar ! Pour la petite histoire, l’Adjoint du Gouverneur habite la maison qu’occupaient Mermoz et Saint-Exupéry lorsqu’ils étaient tous les deux pilotes à l’Aéropostale.



Ils ont également eu l’occasion d’aller pêcher à la ligne en haute mer et de ramener le frichti du soir.

 

Le 26 février ils sont retourné à la frontière pour accueillir l’équipe de Jean-Marie & Co. Olivier souhaitait les attendre dans la zone du no man’s land entre la Mauritanie et le Maroc, ce que les douaniers lui ont interdit parce que son véhicule était encore immatriculé en transit belge.

Le véhicule et le matériel sont remis officiellement par toute l’équipe au nom du RC de Bruxelles Tercoigne, lors d’une réunion officielle avec le Rotary Club de Nouadhibou au cours de laquelle Cheikh Fadhel remercia très chaleureusement tout le monde.
Ce club se trouve dans le district 9010 qui regroupe la Tunisie, l’Algérie, le Maroc et la Mauritanie.



Le club de Nouadhibou destine le véhicule à la commune rurale « Mederdra » qui est située à 160 km au sud ouest de Nouakchott près de la ville de Rosso qui est sur la frontière avec le Sénégal. La commune (qui couvre des centaines de km²) est surpeuplée de nomades qui vivent dans le plus grand dénuement. Certains doivent parfois faire plus de 300 km pour rejoindre l’unique centre médical, souvent à dos d’ânes ou de chameaux par faute de moyens de locomotion rapide.
Ce véhicule est mis à la disposition d’une ONG de « Médecin Sans Frontière » de manière à rendre plus efficace le contrôle du bon usage du véhicule. Cette ONG collabore avec la Mairie de la localité dans le cadre d’une association dénommée « Les Amis de Mederdra »,tout cela avec la collaboration du Rotary Club de Nouadhibou.

Au delà de cette opération ponctuelle, Olivier espère prolonger dans le temps la coopération entre des clubs du Rotary à Bruxelles et le club de Nouadhibou et d’autres clubs de Mauritanie. Ces derniers souhaitent mettre en œuvre les moyen d’aller découvrir chez eux la qualité de leur hospitalité légendaire.


8ième étape - samedi 28 février 2004 - NOUÂDHIBOU (Mauritanie) - NOUAKCHOTT(Mauritanie)


SAGA MAURITANIA, TRACK 1

Il s’agit aujourd’hui de ne pas traîner en chemin. Ils y avaient pourtant placé beaucoup d’espoir, ils en avaient rêvé de cette étape un peu mythique. Mais le cycle des marées de l’océan ne tient pas compte de cet aspect des hommes. Les hommes doivent souvent accepter les lois immuables de la nature. Ils auraient voulu rouler sur la plage entre Nouâmghar et Nouakchott. Ce trajet se fait à grande vitesse lors de la marée basse. Aujourd’hui elle était haute lorsqu’ils sont arrivés à Nouâmghar et ils ont pris la petite piste qui longe la côte à quelques km de celle-ci. Ce rêve de petit garçon restera en l’état pour l’instant.

Ils ont eu chaud. Ils descendent de plus en plus vers le Sud. La météo n’est pas caniculaire, néanmoins elle est celle bien connue des mauritaniens. Ils sont au Sahara.

Mais les 500 km de désert qui séparent Nouadhibou de Nouakchott sont un enchantement. Quitté la grande ville du nord, ils ont contourné la baie des Lévriers, s’éloignant de la côte atlantique vers l’est sur quelques dizaines de kilomètres, avant de bifurquer plein sud sur le banc d’Argin. Il s‘agit d’une réserve naturelle incomparable. Bientôt, le spectacle devient féerique. D’immenses dunes de sable ocre orangé glissent vers le bleu Matisse d’une mer splendide. A perte de vue, entrelacés de chenaux miroitants, s’étendent les vasières tapissées d’herbiers, des îlots marécageux et des mangroves peuplées de milliers de flamants roses, pélicans blancs, hérons cendrés, spatules, mouettes, cormorans, sternes, goéland, etc. Ce parc national a une fonction essentielle à notre écosystème. C’est une gigantesque nurserie de poissons où se retrouvent les oiseaux migrateurs d’Afrique, d’Europe et même de Sibérie.


La route n’existe pas. Ils ont roulé toute la journée sur des pistes, celles que l’on peut voir dans les reportages du Paris-Dakar, les hors-pistes en moins. Ce qui est certain, c’est qu’ils n’ont pas fait d’excès de vitesse !

Ils ont donc roulé toute la journée pour arriver pas trop tard à Nouakchott. La ville ne présente pas d’intérêt touristique. La beauté du pays réside dans ses paysages.

Ils confirment ce soir leur décision prise la veille de continuer leur trajet par le désert de la Mauritanie.

9ième étape - dimanche 29 février 2004 - NOUAKCHOTT (Mauritanie) – KIFFA (Mauritanie)

 

SAGA MAURITANIA TRACK 2 : « to the East »

Cette journée est une mélodie « vroum vroum ». Ils ont roulé 600 kilomètres du matin au soir. La route est fréquemment ensablée jusqu’à Aleg. Ensuite c’est « une route à la sauce mauritanienne ». Un peu de sable et un peu de cailloux, et encore un peu de sable et un peu de cailloux. Vous plaquez le tout au sol de manière chaotique. Vous obtenez la piste « carrossable » qui va d’Aleg à Kiffa.

Ne croyez pas que cette technique est destinée à ajouter du pittoresque au décor. Il n’a pas besoin de cela. Il est magnifique, extraordinaire.
La chaleur est très élevée : 30 degrés centigrades.

 

Ils sont en route lorsque l’officier supérieur de la mission (ce mot « mission » à son importance pour la suite) constate que les véhicules commencent à avoir soif. Jean-Marie inspecte sa carte routière pour relever les indications de stations d’essence. Patatras, aucune station n’est indiquée. Que faire ? Jean-Marie décide de se rendre à la préfecture de l’arrondissement pour demander du fuel. Il connaît l’Afrique, les us et coutumes des fonctionnaires, mais l’aventure qui suit est à mettre aux annales de l’expédition.

Il s’adresse à l’administrateur de la préfecture et lui demande de pouvoir acheter le fuel si précieux. Le fonctionnaire, très poli, observe que Jean-Marie porte une chemise militaire marquée du drapeau belge à la manche. Il lui demande son ordre de mission qui l’autorise de réquisitionner ce fuel. C’est ici que le petit génie entre en scène. Il ne loge pas dans une lanterne magique. Jean-Marie le découvre dans son portefeuille.
Vous imaginez probablement, chers lecteurs et chères lectrices, que notre ami va corrompre un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions ! Vous n’y êtes pas. Jean-Marie y cherche une solution élégante qui les sortira du pétrin. Rien n’est jamais précis dans l’ordre « légendaire » des papiers de Jean-Marie ! Il farfouille et découvre un bordereau des Douanes et Accises belge rédigé en flamand et couvert de nombreux cachets. Il présente ce document en apparence impressionnant et important comme étant son ordre de mission belge en Mauritanie. Pendant que le fonctionnaire éberlué contemple le document en question, Jean-Marie continue de farfouiller dans ses papiers. Miracle se dit-il ! Il y trouve une lettre du Palais Royal signée de Mathilde. Cette lettre royale et ce document fiscal sont les sésames qui ouvrent les robinets du fuel. Le fonctionnaire s’incline très honoré de venir au secours d’une mission belge de cette qualité. Jean-Marie et l’équipe, rassurés, peuvent aller réquisitionner le précieux liquide...

 KIFFA

Ils arrivent à bon port en début de soirée à Kiffa qui est une petite ville au pied des Montagnes de l’Affolé (en français dans le texte et dans la carte routière).

10ième étape - lundi 1er et mardi 2 mars 2004 - KIFFA (Mauritanie) - BAMAKO (Mali)


SAGA VERY AFRICA – DAY & NIGHT                      L'album photo 2004 : MALI BURKINA 2004

Ils se sont tous levés de bonne heure. Le soleil monte doucement. Nos hommes se mettent calmement à table pour le petit déjeuner. Jean-Luc et Jean-Marie font le tour des voitures pour une dernière inspection. Ils regardent avec affection le minibus qui courageusement est déjà arrivé sans casse jusqu’ici. Ils sont rejoints petit à petit par Philippe, Robert et Marc. Comme à l’accoutumer ils tournent autour de leurs 4X4 qui sont devenus leurs complices d’aventure, presque leurs confidents des moments de joie, de fatigue comme de bien-être. Jean, Nicolas, Paul-Henry, Paul-Adrien grimpent dans leurs véhicules pendant que Jean-François, Jean-Christophe, Baudouin et Fernand s’assurent que tout est en ordre de leur côté. Ils savent que la route sera longue et que leurs efforts seront récompensés par la beauté rare, donc précieuse, des décors qu’ils vont traverser.


Le convoi s’ébranle et prend la direction d’Ayoûn el ‘Atroûs et poursuivent vers Timbedgha qui est atteint vers 13 heures. Ils roulent à une allure régulière et soutenue. Ils ont parcouru facilement un bon 400 km. La route est de bonne qualité. Elle a été financée pour partie par l’Union Européenne et construite avec des matériaux de bonne qualité.

Après un petit arrêt buffet, ils repartent en direction du sud par la piste qui les mène à Boû Ctaïla, dernier village frontière de la Mauritanie. Ensuite c’est un long « no man’s land » au Mali jusqu’à Nara qui est une petite ville frontière.
Cette piste fait 171 km que le convoi mettra 9 heures à parcourir. Il s’agit bien d’une piste dans sa définition première que les 4X4 en bon état sont capables de franchir sans trop de difficulté. Mais le minibus n’est pas le meilleur moyen de transport sur cette piste qui a servi par ailleurs de parcours de ralliement du Paris Dakar. C’est la seule piste qui existe dans la région pour se rendre au Mali et rallier Bamako. Le minibus a besoin d’aide. Il sera tracté par un 4X4 sur une bonne partie du trajet. Nos amis ont peiné, sué, juré, tempêté, fulminé, mais ils ont gagné face à l’adversité. Ils ont marié solidarité et courage dans un décor sublime et dantesque à la fois sous une chaleur accablante.

Il est 23 heures et ils sont à Nara où il n’ y a pas de logement et d’hébergement sûr pour un convoi dont la cargaison peut devenir un précieux butin. Jean-Marie et les autres se concertent. Faut-il continuer maintenant pour atteindre Bamako, avec les risques que représente une conduite de nuit sur une route mal carrossée. Ou bien faut-il s’arrêter et essayer de dormir en organisant des rondes de nuits pour surveiller le convoi. Ils prennent la décision de rallier Bamako en roulant prudemment. Traverser le désert pendant la nuit est une expérience unique. Ce fût le cas malgré la fatigue accumulée ces derniers jours et durant ce lundi dans le désert mauritanien. Le spectacle du soleil au couchant dans le désert et au levant en Afrique Noire est extraordinaire, surprenant, fabuleux, prodigieux. Chacun vit ces deux moments de manière très personnelle et souvent les émotions sont étonnantes, étranges parce qu’elle font appel aux sentiments de l’enfance émerveillée.


Ils décident en chemin de faire une petite halte sur le bord de la route pour se reposer pendant 1h30 sous la surveillance de Jean-François et de Jean-Marie. Ils reprennent la route. Certains découvrent pour la première l’Afrique noire, mais tous la découvrent de cette manière digne de l’époque des premiers explorateurs. Ils passeront par Metanbougou, Didjeni, Kolokani, Nossombougou pour enfin atteindre Bamako, capitale du Mali,  vers 11-12h. Ils ont roulés pendant 29 heures pour couvrir une distance d’à peu près 1.000 km.


Ils se rendent au pensionnat des petites sœurs qui les accueillent avec beaucoup de gentillesse. Ils vident les véhicules et vont se désaltérer de quelques bières bien méritées. Le soleil cogne dur. Il fait très chaud à cette heure de la journée. Le thermomètre chatouille les 36 degré et le vent est presque inexistant.

Bernard Jacquin qui est un membre du Rotary de Bamako-Koulaba les avait rejoint à Kiffa en Mauritanie. Il a fait tout le trajet avec eux, ce qui fût d’une aide très précieuse. Ils décident tous d’aller manger avec lui dans un petit restaurant. Au menu il y a du poulet (africain) mais pas de frites. Après le repas ils retournent au pensionnat et s’effondre sur leur lit. Ils s‘endorment vite malgré la chaleur et l’épuisement. Ils se réveille en début de soirée et se rendent chez Bernard qui les reçoit chez lui. L’ambiance est détendue, chacun retrouve ses repères. L’apéritif est le bienvenu et ils font honneur au repas. Ils ne traînent pas et sont content de retrouver leur lit où ils dorment comme des bébés.

 



13 et 14ième jour - mercredi 3 et jeudi 4 mars 2004 - DECOUVERTE DE LA REGION DE KITA (MALI)



MAX L’EXPLORATEUR

Ils ne sont pas éveillés tôt ce matin. Ils ont tous dormi du sommeil du juste. La nuit fût calme et le sommeil réparateur malgré la chaleur. Ils se sont répartis pour les uns chez les petites sœurs dans leur pensionnat, pour les autres chez Bernard Jaquin. Ce dernier, qui a une entreprise cotonnière à Kita, habite à Bamako dans une maison qui offre tout le confort à l’européenne, en Afrique.

Jean-Luc dormirait encore facilement une petite paire d’heure. Il n’a pas très faim non plus.

Jean-Marie avait prévu de passer par Kita pour rejoindre Bamako si l’expédition était passée par le Sénégal. Depuis leur arrivée à Bamako il n’est pas resté passif à contempler les étoiles et les oiseaux. Ce n’est pas le genre du colonel ! Il souhaite aller voir quels sont les besoins humanitaires à Kita que le Rotary pourrait combler.

Le groupe décide de partir pendant deux jours aux environs de Kita et de lier l’utile et l’humanitaire à l’agréable. La lecture de la carte nous montre que la piste en latérite est en bon état et relativement roulante. Elle se déroule sur une distance de 180 kilomètres. Dans la majeure partie de l’Afrique les distances se calculent en temps. Ce parcours qui n’est pas très compliqué se fait, malgré tout, en 5 heures.

Kita est un chef-lieu en pays Malinké à l’ouest de Bamako. Les Malinké forment une population d’environ 300.000 personnes. Chasseurs à l’origine, ils descendraient des tribus qui ont fondé l’empire du Mali au XIIIe siècle. Ils forment une population relativement homogène. Malgré la forte et précoce influence de l’islam, la majeur partie des Malinké est restée animiste, et perpétue la tradition des sociétés secrètes à caractère religieux, social ou culturel. Dans les villages beaucoup de cérémonies rituelles ont lieux à l’époque des moissons. La circoncision et l’excision sont encore pratiquée, et le mariage donne lieu à de grandes fêtes.
C’est parmi les Malinké que l’ont trouve le plus grand nombre de griots. Ceux-ci, musiciens et conteurs ambulants, sont les dépositaires de la parole malinké et des histoires et de la poésie.

 

« des griot » 

Pour des motifs historiques pas très lointains, c’est à Kita que la communauté chrétienne est la plus importante malgré qu’elle soit minoritaire dans l’ensemble de la population. Frère Jacques y construisit une des premières églises du pays en 1890.

 
« marché à Kita et masque malinke » 

La petite ville de Kita est nichée au pied de grandes falaises de grès, dont la plupart sont creusées de grottes qui abritèrent les populations protohistoriques du Mali. Le marché se tient à Kita tous les mercredis, jour d’arrivée de nos amis. Les femmes y convergent de tous les villages de brousse, marchant à vive allure portant sur la tête des charges qui peuvent atteindre 35 kg.

Nos amis se retrouvent dans un petit village de cette brousse et ils sont accueillis à bras ouverts. Certains enfants n’ont encore jamais vu un homme blanc. Ils reçoivent en leur honneur une chèvre (cadeau-money) qui est sacrifiée pour le repas du soir durant lequel ils auront également le plaisir d’assister et de participer aux danses malinké.
Jean-Luc lors du départ en Belgique avait fait remarquer qu’ils recevraient plus qu’ils ne donneraient, qu’ils apprendraient à relativiser les choses de la vie au contact des populations autochtones. Ce soir, chacun prend la pleine mesure de cette évidence.

Tard dans la nuit, ils vont se coucher, encore envoûté par le spectacle, la musique, les danses. Ils s’endorment emporté par les chants des insectes, les petits cris des oiseaux. Sir Livingstone n’est pas loin.

Le lendemain matin ils se promènent en brousse. Ils y admirent la faune, la flore, la lumière. Ils repartent ensuite lentement vers Bamako dans un décor de conte d’explorateur, quoique égratigné par certains aspects de pauvreté qui laissent songeurs.

Ce soir ils sont à Bamako. Jean-Luc ne sent toujours pas bien. Il est fatigué et il n’a pas faim.

15/16/17ième jour - vendredi 5 mars au dimanche 7 mars 2004 - Bamako (MALI)

BAMAKO ROTARY CITY

Ils sont pendant trois jours à Bamako, et ils pourront goûter aux délices du repos. Ils mettront ces trois jours à profit pour « faire » du Rotary et faire un peu de tourisme.

 

L’histoire de Bamako remonte à dix mille ans. A cet endroit se trouvait une petite communauté pendant la période du paléolithique supérieur. C’est l’époque charnière où l’homme, de chasseur et récolteur, est devenu éleveur, puis cultivateur.
Bamako, littéralement « le marais aux caïmans » doit sa renaissance à une famille d’immigrants conduits par Seribadjan Niaré qui donnera son nom au quartier de Niaréla. C’est son fils, Diamoussadian qui fonda la ville sur les bords du Niger. Bamako devint la capitale du Mali en 1904 à la place de Kayes qui est à 550 km à l’ouest de Bamako.
Depuis ce moment, la ville s’étend dans toutes les directions tel un village tentaculaire, car Bamako n’est ni plus ni moins un énorme village. La ville est turbulente le jour avec ses nombreux embouteillages.
On visite Bamako comme on visite n’importe quel village du pays. Toutes les composantes qui conditionnent le mode de vie malien s’y retrouvent : le marché, la rue, l’arbre sous lequel on palabre. Tout se conjugue en couleurs, en odeurs, en bordures de trottoirs enjambés, en flaques d’eau évitées pendant l’hiver. Durant la saison sèche, toute la ville se teinte de pourpre à cause de la poussière.
Il y a de nombreuse chose à voir : le marché de Dibida (pièces mécaniques, vélos, pièces de rechange de voiture, pneus), le marché de Médine (tissus, cosmétiques, salons de coiffure), le marché aux gris-gris (fétiches, onguents, objets de magies, animaux empaillés ou séchés, médecine), le marché N’Golonia (tous les ingrédients nécessaires pour faire grand usage de la magie, textile). Il y a également le Musée national, la Maison de l’artisanat, le Parc Zoologique, la Grande Mosquée, la Cathédrale, l’Hôtel de Ville.
La meilleure façon de visiter Bamako est de s’y promener en prenant soin de choisir les quartiers qui sont intéressants.
Bamako a un port fluvial qui se situe à 60 km de la ville à Koulikoro.

Robert, Fernand, Jean, Jean-Christophe et les copains font les marchés et se promènent dans la ville.

 

Au même moment se passe un évènement majeur à Bamako : les réunions des comités inter pays du Rotary. Bernard Jaquin représente le Mali, Jean Gordero du RC de Nice représente la France. Le représentant belge n’était pas présent, mais les Rotary belges étaient représenté très efficacement par Jean-Marie et Marc du RC Wezembeek-Kraainem, Philippe De Grave du RC Brussel-Bruxelles Breughel et Paul Adrien Slegers du RC Tercoigne. Ils ont participé à de nombreuses réunions et ont noués des contacts particulièrement interessants qui ne se répètent pas souvent dans la vie d’un rotarien.
Ils ont également participés aux réunions des divers RC de Bamako.

C’est à cette occasion, lors d’une réunion avec le RC de Bamako-Koulaba que fût mis en chantier les fondements de l’école qui portera le nom de "Pierre Du Bois". Pierre s’en est allé il y a quelques jours pour le grand voyage dans les espaces infinis de l’éternité. Pierre était très attentifs lors des réunions du club aux préparatifs de l’expédition. Il aurait, sans aucun doute aimé être présent au Mali, participer à cette expédition. La vie, sa santé ne le lui ont pas permis. Pierre, maintenant est désormais associé au développement social, culturel, éducatif de Bamako grâce à cette école qui verra défiler de nombreuses générations d’élèves maliens, qui seront des garants de l’avenir du pays.

Malgré la chaleur et le rythme de la vie, nos amis ont l’occasion de récupérer les forces qu’ils ont abandonnées sur les pistes du Maroc et de la Mauritanie. Seul Jean-Luc ne va pas bien. Il souffre de plus en plus des intestins. Il n’a pas faim et ne peut dormir à cause des crampes qu’il a au ventre. Jean-François Brecx, le médecin chirurgien de l’équipe lui donne un peu de Valium pour diminuer les douleurs et lui permettre de se reposer. Il viendra le voir plusieurs fois par jour. Les choses semblent s’améliorer un peu dimanche, mais Jean-Luc ne récupère pas la forme qui lui est nécessaire pour continuer l’expédition. De concert avec Jean-Marie et Jean-François Brecx, il décide de rentrer à Bruxelles le lundi au départ de Mopti. La décision est très sage tant pour lui que pour l’équipe. Jean-François ne peut établir un diagnostic définitif et il préfère que Jean-Luc aille à Anvers à l’Institut des Maladies Tropicales.


18ième jour - lundi 8 mars 2004
- ETAPE BAMAKO (Mali) – MOPTI - SANGA (MALI)


MIXED FEELINGS

Scénario 1 : départ de Bruxelles
Bruxelles, dimanche 22 heures. Thierry van der Meersch conduit à Roissy ceux qui font partie de ce que nous appelons communément l’équipe bis. Il s’agit de Véronique Caprasse, l’épouse de Philippe de Grave et échevin à Kraainem, Hilde qui retrouvera Jean-Christophe, Thierry Mertens du RC Wezembeek Kraainem et Arnaud Boland, le fils de Jean. Ils enregistrent leurs bagages à Roissy à 1 h du matin et s’envolent à 3 h pour Mopti où ils arriveront à 8h40 après une escale à Marseille.

Scénario 2 : organisation de la journée
Au petit matin l’équipe se réveille à Bamako. Jean-Marie et Marc doivent gérer une situation qui n’est pas de crise mais qui est sérieuse. Tout le monde est partagé entre des sentiments de tristesse de se séparer de Jean-Luc et de soulagement de le voir partir en Belgique où il sera soigné comme il faut. Ils ont travaillé ensemble depuis deux ans pour monter et mener à bien ce projet. Ils aimeraient tous bien entendu que Jean-Luc puisse aller jusqu’au bout, mais…

• Jean-Luc ne va pas bien du tout. Il faut impérativement arriver très tôt à Mopti pour s’assurer de l’enregistrement de Jean-Luc sur le vol de Paris et accessoirement de ses bagages. Jean-Marie décide de former deux équipes dont une ira le plus rapidement à Mopti pour déposer Jean-Luc et accueillir ceux qui vont atterrir ce matin. Cette équipe part immédiatement.

• Marc prend en charge la deuxième équipe qui va musarder en passant par à Djenné qui est sur la route vers Mopti et ensuite rejoindre Sanga en pays Dongon. Les deux équipes se retrouveront en route. L’équipe de Marc se réparti la majeure partie du chargement. Celui-ci est déjà considérablement diminué. En route depuis Kraainem, ils ont donné du matériel scolaire, médical et sanitaire à Beni-Mellal, Nouadhibou, Nouakchott et Bamako. C’est à Bamako que l’expédition a contribué au programme de prévention sida en faisant don d’un stock de 11.000 préservatifs.

Scénario 3 : en route pour l’aéroport de Mopti
Jean-Marie est accompagné de Jean-François Brecx qui prend soin de Jean-Luc. Il n’a pas faim et bois beaucoup d’eau ce qui l’empêche de se déshydrater. Sa situation est stable et il arrive encore à plaisanter ce qui est bon signe. La route en asphalte depuis Bamako jusqu’à Mopti est en bon état, ce qui permet de rouler à vive allure. Ils rejoindront l’aéroport à temps. Ils remplissent les formalités sans difficultés. Jean-Luc prendra l’avion qui arrive de Roissy. Il rencontre l’équipe bis et s’envole un peu plus tard.

Scénario 4 : je musarde, tu musardes, nous musardons.
L’équipe structurée autour de Marc charge les véhicules des bagages et du matériel qui doit encore être livré à Gossi, Gao et au Burkina-Faso. Il y a moins à charger, mais la minutie et la précision de la répartition des colis et des bagages sont les ingrédients qui assurent une conduite facile des véhicules.


L’expédition se met en route calmement et rejoint la ville de Ségou après 235 km de très bonne route.
Ségou fût la capitale de l’empire Bambara aux XVIIe et XVIIIe siècles, avant de devenir celle du conquérant El Hadj Oumar qui s’en empara en 1861. Les français l’occupèrent de 1890 jusqu’à l’indépendance du Mali en 1960.
Ségou est la ville du fameux beurre de karité et celle également de l’industrie cotonnière. La ville est en bordure du fleuve Niger et en tire tous les avantages économiques. La municipalité met tout en œuvre pour que Ségou devienne la plaque tournante du commerce de l’Afrique de l’Ouest.

La caravane continue. Elle passe par la toute petite ville de Bla pour rejoindre San, la capitale du pays Bobo. Animistes devant l’éternel, les Bobo produisent un artisanat riche et coloré, et le marché du lundi abonde d’une production de qualité : poteries, cotonnades imprimées, calebasses gravées. Le dimanche soir, les éleveurs peuls et leurs troupeaux, les pêcheurs bozo avec des charrettes débordant de poissons convergent vers cet immense marché.
La femme Bobo jouit d’une liberté sexuelle très particulière et totale avant le mariage. Dès la puberté la jeune fille prend l’initiative des fiançailles. Dès ce moment et durant une période de deux à quatre ans elle met son futur élu à l’épreuve. Il doit tout faire pour lui prouver son amour, car il ne manque pas de concurrents vis-à-vis desquels la belle peut céder à leurs avances. A la veille du mariage, elle peut considérer les prestations de son futur mari comme insuffisantes et le renvoyer chez ses parents. Elle reprend sa liberté sans rien devoir. Si elle accepte le mariage, elle doit prononcer un serment de fidélité absolue. Auparavant, elle aura fait ses adieux à sa liberté sexuelle en se livrant sans retenue aux amis de son mari pendant deux à trois semaine.

L’équipe continue sur la route de Mopti, et bifurque après 140 km sur une route endiguée qui va jusqu’à Djenné qui est une sorte d’île le long du Bani qui y étire son onde opalescente et huileuse. L’oiseau le plus fréquent est le martinet qui est l’hirondelle des villes.
La ville change de couleur au fil des heures. La circulation automobile est quasi inexistante. Il faut savoir se perdre à pied et partir à la découverte des maisons, des ateliers, des medersas, etc. La ville a été détruite à maintes occasions et chaque fois reconstruites. Jean Boland, architecte de son état, n’est pas resté insensible au charme des ruelles et des maisons recouvertes du feuillage gracile des nims. Le plus étonnant est que les maisons ont un sexe en fonction de celui qui en est propriétaire.
Sa grande mosquée est célèbre dans toute l’Afrique. Cet ensemble architectural ne laisse personne indifférent. Il compte cent piliers et cents puits de lumière. La mosquée a été construite avec des briques de banco, appelées « briques en boules » en raison de leur forme. Ces briques sont fabriquées à la main avec un mélange de d’argile, de paille et…de beurre de karité ou de l’huile de vidange, ce qui lui donne une meilleure résistance face aux intempéries. La visite de la mosquée est réservée uniquement aux musulmans.


L’Unesco a classé Djenné patrimoine mondial de l’humanité.

Scénario 5 : les retrouvailles
Les deux équipes se retrouvent en route, contentes d’être de nouveau ensembles. Philippe et Véronique ainsi que Jean-Christophe et Hilde se tiennent un peu à l’écart pour se laisser aller aux émotions qui leurs sont plus personnelles. Jean embrasse son fils Arnaud, prend son bagage et le met immédiatement dans l’ambiance de l’expédition. Thierry découvre, s’étonne, admire.

Scénario 6 : Diagnostic
Jean-Luc atterrit à Roissy à 19h où l’attendent Nathalie et Benoît Mertens. Il est emmitouflé dans une veste avec une écharpe d’où émerge la moitié du visage pour se protéger du froid. Le contraste climatique est cruel. Nathalie est rassurée. Pendant le trajet sur Bruxelles, il raconte ses aventures et mésaventures. Il téléphone à ses proches. Arrivé à hauteur de Nivelles, les crampes recommencent. Benoît écrase l’accélérateur et ils arrivent promptement à la maison et les lieux d’aisances salvateurs.
Ils se rendent ensuite à l’Instituts des Maladies Tropicales à Anvers. Le diagnostic est sans appel mais rassurant. Jean-Luc a chopé un virus dans le foie et les voies digestives qui se traite aux antibiotiques. Malgré tout la convalescence sera longue de plusieurs semaines de repos.

Scénario 7 : arrivée au pays des Dogons
L’expédition quitte la route nationale à hauteur de Mopti pour rejoindre la petite ville de Sanga en pays Dogon où ils passeront la nuit en camping avant de visiter la région.

   

19/20ième jour - mercredi 10 et jeudi 11 mars 2004 -
ETAPES SANGA –GOSSI & GOSSI – GAO – GOSSI (MALI)

 


Mercredi matin, Jean-Marie l’increvable réveille sa petite tribu à 5 heures du matin. La bande des 4 de l’équipe bis n’est pas encore dans le rythme. Le colonel donne ses ordres de lever le camp, de plier bagages, et de déjeuner. Le lever du soleil sur les falaises est grandiose. Le moment est inoubliable.

La route est longue jusqu’à Gossi. Elle commence d’abord par la piste en pays Dogon sur le trajet qui part de Sanga, passe par Bandiagara et arrive à Sévaré près de Mopti. Les 4X4 prennent un chemin, tandis que Jean-Marie au volant du mini bus prend une route plus « facile » par les falaises. Hilde et Véronique replonge dans les bras de Morphée et y reste un bon bout du chemin, malgré le roulis.

A Sévaré, ils prennent la route nationale qui longe pour partie le fleuve Niger qu’ils vont retrouver demain à Gao. La route est longue mais le paysage est dépaysant. Ils s’éloignent de toute civilisation et ne traversent que peu de village tel Konna, Boré qui a une belle petite mosquée, Boni, Hombori. A partir de cet endroit, le ruban d’asphalte est presque rectiligne. Le paysage devient maintenant plus monotone et chacun constate la mesure de la désertification.

 

Ils arrivent en fin d’après-midi à Gossi pour y passer la nuit. Ils passent un petit moment de détente et de découverte d’un village où pas grand-chose se passe au milieu de ce début de désert.

Ils se lèvent jeudi à une heure « raisonnable » pour rallier Gao. La route est toujours aussi rectiligne et de plus en plus monotone. Ils longent l’immense réserve des éléphants du Gourma. Il est rare de rencontrer des éléphants, malgré qu’ils viennent se désaltérer dans les mares de Gossi et de la réserve. L’importance des éléphants du Gourma est capitale. D’un point de vue écologique, c’est l’ultime population qui a réussi à s’adapter aux contraintes de la pénurie d’eau en zone sahélienne.

Ils arrivent à Gao qui est la paroisse catholique la …plus vaste du monde avec une superficie de 820.000 km², ce qui correspond à dix fois la superficie de la Belgique. Nos amis y retrouvent la mission qui s’est installée dans la région bien avant l’arrivée des ONG. Ils remettent officiellement aux Pères de la mission les deux Pick-Up Toyota. Ils leurs seront fort utiles dans leurs travaux de développement de la région et pour venir en aide aux populations lors de leurs déplacements dans cette immensité désertique.

 

C’est également l’occasion d’admirer le paysage et le contraste éblouissant entre le désert jaune et ocre et le bleu translucide du fleuve Niger.

La tête remplie de ses images féeriques pour un occidental, ils retournent à Gossi pour y passer la nuit avant de descendre au Burkina-Faso.


BURKINA-FASO

21ième jour - vendredi 12 mars 2004 - ETAPE GOSSI (MALI) – OUAGADOUGOU (BURKINA)


22ième jour - samedi 13 mars 2004 -
NEDOGO



23ième jour - dimanche 14 mars 2004 -
KOUDOUGOU

Préambule
Samedi matin 6 mars 2004, gare du Midi : Michèle Dubbelman et Brigitte Van Diest s’installent dans le TGV qui les dépose. à Roissy. Elles prennent l’avion d’Air France en direction de Ouagadougou où elles atterrissent en fin de journée. Elles sont accueilles par Marcelline Zéba qui est une ancienne collègue Burkinabé qui a travaillé aux Cliniques Universitaires de St Luc à Bruxelles.

Elles arrivent une bonne semaine avant leur homme pour mettre à profit ce temps précieux dans le but de voir les déficiences médicales dont elles pourraient s’occuper à l’avenir.

Elles visitent
• deux maternités à Ouagadougou,
• un centre de prévention de la transmission du Sida de la mère à l’enfant,
• le home Kizito,
• la Maison des ‘1000 jeunes filles’ qui est une association pour la promotion de l’alphabétisation des filles qui vivent en milieu rural,
• la nouvelle maternité du Dr. Zoungrana qui est un jeune gynécologue
• des centres de kiné
• le comité National de Lutte contre les Mutilations Sexuelles ainsi que la clinique qui se spécialise dans les décollements vulvaires.
Voila un vaste programme pour deux occidentales qui ne sont pas encore très familières des problèmes de santé en Afrique. Michèle qui est kiné spécialisée en accouchement se sent concernée par tous ces aspects.

Elles logent chez Marcelline qui les reçoit dans une maison confortable à Ouagadougou.

L’expédition
Le trajet est long de Gossi à Ouagadougou. Le colonel qui connaît son équipe la fait lever à 4 heures du matin. Ils refont la route nationale asphaltée de Gossi à Sévaré, pour ensuite prendre la piste qui passe en pays Dogon et qui les mènent à Douro et Koro qui est le poste frontière du Mali.
L’aventure administrative commence. La patience est une vertu précieuse en Afrique lorsque l’on goûte aux joies de l’administration des douanes.
Le convoi est composé du mini bus, des deux Pick-up, tous immatriculés en Belgique en transit, et un 4X4 immatriculé au Mali. Nous sommes au milieu de la journée et le soleil ne se prive pas de se faire remarquer.
Le passage de la douane malienne se fait sans trop de problèmes. L’expédition continue sa route jusqu’au poste frontière du Burkina qui est 50 km plus loin à Tiou. Le soleil est toujours aussi implacable. La qualité de la lenteur administrative des douanes est parfaite. Nos amis attendent que les papiers soient enfin vérifiés. Lorsque c’est aspect administratif est terminé, Jean-Marie n’en croit pas ses oreilles. Ils ne peuvent pas entrer au Burkina parce que certains papiers ne sont pas en ordre pour le 4X4 malien. La solution est de faire demi-tour et de refaire les 50 km jusqu’à Koro. Ils y remplissent des formulaires sur une vieille machine à écrire dont les touches fonctionnent occasionnellement selon la puissance du doigt. Enfin les papiers sont en règles. Ils peuvent s’en aller vers le poste de Tiou. Ils doivent de nouveau s’armer de patience. Ils assistent à l’arrestation d’un sans papier, ainsi qu’au baissé du drapeau burkinabé. Ils peuvent finalement entrer au Burkina après 4 heures de patiences et d’administration.

Ils continuent sur la piste jusqu’à Ouahigouya qu’ils atteignent vers 19 heures. Ils font le plein de mazout et repartent sur une route asphaltée jusqu’à Ouagadougou. Il est un peu plus de 21h30 et ils se rendent à la réunion du Rotary Club de Ouagadougou Savane. Ils se plient très volontiers aux échanges de fanions et aux plaisirs de se retrouver autour d’une table.

 

Marc et Fernand vont loger chez Marcelline avec Michèle et Brigitte qui y sont depuis plusieurs jours. Les autres iront dormir chez des amis.

Samedi matin chacun se lève tranquillement dans le confort de résidences d’Ouagadougou. Ils prennent leur petit déjeuner sans se presser et ils se retrouvent pour se rendre à Nedogo. C’est un petit village à côté de la ville de Zorgo à quelques 100 km de Ouagadougou.
La vie y est dure. Du fait de son éloignement des centres urbains, sa population n’a pas ou peu accès aux centres de soins et aux écoles. Le Rotary de Wezembeek-Kraainem y a une attache privilégiée en la personne d’Odette qui est Burkinabé et qui vit en Belgique. Elle nous a fait prendre connaissance des besoins spécifiques de son village. Il y a une école qui n’est pas équipée en matériel didactique. Les enfants sont assis par terre pour suivre les cours. Tout est dans un état vétuste.
Le dispensaire et la maternité sont rudimentaires avec du matériel archaïque en très mauvais état.

La visite au village se fait dans une ambiance festive caractéristique de l’accueil sans limite des burkinabés. Ils sont heureux de recevoir l’expédition. Ils n’ont pas assez de mots pour la remercier d’avoir fait tout ce trajet depuis Bruxelles pour leur donner un véhicule ambulance 4X4 et du matériel médical et scolaire. C’est la fête avec ses danses, les chants, la musique, le repas. C’est l’accueil sans mesure des plus démunis vers les nantis. Ici, dans ces circonstances, les frontières sociales et raciales n’existent pas.


Le soir, c’est le retour à Ouagadougou la tête remplie de souvenirs, les oreilles qui résonnent encore des chants et de la musique, les yeux comblés des couleurs et de la lumière.

Dimanche 14 mars est également une journée inoubliable. Jean-Marie colonel de l’armé des zouaves, réalise qu’il a oublié sa mallette à la frontière. Elle contient ses papiers officiels de l’expédition. Petit moment de panique qui se solutionne rapidement. Jean-Marie accompagné de Philippe et de Jean retourne à la frontière pour aller la chercher et ils seront de retour vers 14 h 30 après un parcours de 600 km.

Pendant ce temps, Marc et les autres conduisent le mini bus à Koudougou qu’il va remettre à l’ONG « Action Micro Barrage ». Ils sont accompagnés de rotariens de Ouagadougou qui les suivent dans quelques voitures. Ils sont reçus par le directeur de l’ONG et des membres de son organisation. Ils vont déjeuner ensembles et rentrent ensuite à Ouagadougou. Monsieur Janssens, Ambassadeur de Belgique, les invite tous à prendre un verre à sa résidence.

Ce soir, ils se retrouveront ensemble pour un dernier repas en Afrique avant le retour ce lundi 15 mars 2004 en Europe.

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